La cueillette aux épinards sauvages à Montreynaud

Il est rare que mes informations fantaisistes soient vraies, mais cela arrive :

La réalité est déjà merveilleuse.

Continuer la lecture de « La cueillette aux épinards sauvages à Montreynaud »

Soulier de satin, répèt 11 et dernière !

D’abord deux heures de notes que la metteuse en scène nous explique elle les prend au cours des répétitions de la veille ce sont ses instructions puis on se lance dans une allemande – il s’agit de ne faire que les entrées / sortie de la pièce – qui dure pas moins de 8 heures en théâtre entrer et sortir bien coordonner ses mouvements avec les autres la logistique amener une chaise ou dégager un espace au vue du public c’est aussi important que le jeu des acteurs d’autant que tout notre lieu est « ouvert » ce n’est pas un « vrai » théâtre le public peut surgir potentiellement n’importe où (sauf dans la pièce qui fait loge commune là on a dit que ça serait interdit) dans le Soulier de satin le public est aussi bon que les acteurs puis on a fait une répétition classique avec un préambule spécial pour moi parce que quand je suis déguisé en vieille dame je tombe mal je vous raconte pas la quantité de personnes qui tombent dans cette pièce moi-même je le fais 3 fois une nouvelle mode un truc de jeunes et toute la quatrième journée en répétition classique en faisant attention de ne pas trop faire de bruit puisque c’était minuit et que on était dehors en ville on fera du bruit demain pour le spectacle alors on ne fait pas trop de bruit aujourd’hui heureusement au milieu de la nuit les sons portent bien c’est presque magique comme on peut couvrir toute une cour avec la voix simple dynamique articulée la nuit arrivés à 15h on a fini vers 3h30 je me suis couché à 4h du matin ça reste raisonnable.

Le Soulier de satin de Paul Claudel par le Collectif X samedi 6 août 2016 salle Tardy Saint-Étienne 18h.

https://www.facebook.com/events/985630781555648/

 

Soulier de satin, répèt 10

Les grosses journées se succèdent à l’approche du Grand Spectacle mais, pour moi, notre dixième journée de répétition fut une sorte de pause : par une curiosité conjoncturelle, je savais dès le départ que je n’avais pas grand chose à faire sur le plateau, et en plus j’étais inscrit pour faire la cuisine collective.

IMG_20160804_192916
Votre serviteur préparant la cuisine pour 40 personnes.

Au menu pâtes bolognaises… je me suis retrouvé à éplucher et découper je ne sais combien d’oignons, le résultat étant celui que vous imaginez, que personne dans le Soulier de satin n’a pleuré autant que moi ce jour là.

De nombreuses personnes périphériques en quelque sorte passent et participent à tous les à cotés possibles et imaginables ; ce sont des amis, des parents, des voisins, ou de totaux inconnus puisque nos répétitions sont ouvertes. Ces personnes s’impliquent souvent à la cuisine, et voilà comment grâce à elles j’ai pu préparer la bouffe de tout le groupe sans faire grand chose d’autre que d’éplucher les oignons.

Je me suis également mis à dessiner des saints. Dans le Soulier de satin, Don Rodrigue, à un moment… mais je ne vais pas vous raconter l’histoire ; sachez juste que on a besoin d’images de saints. À un moment, Don Rodrigue parle d’une image avec XIV saints. Pourquoi XIV et pas 14 ou quatorze ?… je ne sais pas ; c’est le Texte.

Don Rodrigue
C’est Saint Paul que j’ai voulu représenter. Et c’est sur un cheval comme ça qu’on monte au ciel.
Mais si vous êtes amateur, je vous conseille plutôt d’acheter cette belle image dorée des XIV Saints Auxiliaires à quoi Daibatsu a mis tous ses soins.
Et voici encore les Saints Damien et Cosme, patron des médecins et tous les savants hommes entre les mains de qui, peu à peu, nous guérissons de la santé.

Paul Claudel, Le soulier de satin, quatrième journée, scène II

Je me suis mis en tête de réaliser cette image des 14 saints dont j’ignore tout dans le cadre de notre atelier de fabrication d’images de saints. D’ailleurs, si vous aussi qui me lisez êtes un inconnu, peut être pourriez-vous passer, et m’aider ? Pour une 1/4 de seconde de spectacle, 1 journée de travail, au moins ; j’aime le théâtre.

À demain.

Soulier de satin, répèts 8 et 9

Étranges journées que nous passons en ce moment, à la réalisation du Soulier de satin, de Claudel : beaucoup de travail et de pression, puisque l’heure du spectacle arrive, mais beaucoup de temps à attendre. Ainsi, hier, arrivé à 14h30, je n’ai présenté mon premier texte en répétition qu’à minuit passé !

sortiedeperejesuite
Répétition sur la sortie de la première scène de la première journée : la mer démontée se défait, le père jésuite se relève, l’annoncier s’efface.

Continuer la lecture de « Soulier de satin, répèts 8 et 9 »

Soulier de satin, répèt 7

Prenant conscience que, sur la longueur du spectacle du Soulier de satin, le repos de chacun était fondamental, qu’il fallait organiser l’usage du lieu, l’amicale Tardy à Saint-Étienne, pour les déplacements en « coulisses » – mais il n’y a pas de coulisses dans une amicale, donc raison de plus pour les organiser – nous avons commencé de tout ranger, et de déterminer les zones de repos et les rangements personnels. Ainsi j’ai maintenant un bout de table avec une étiquette portant mon nom dessus.

IMG_20160801_135118

Le calcul de la durée du spectacle a suscité quelques discussions, il semble avoir été curieusement fait… 8h ? 9h ? 10h ? On (moi) avait compris que nous commencerons samedi à 18h, et que on finira dimanche à 2h du matin, ce qui donne 8h de spectacle sans interruption, ce qui semble au mieux totalement impossible… Wait and see, a-t-on conclu.

Puis les répèts furent consacrées à la 4ème journée. J’ai appliqué la technique fatigué mais heureux (copirit moâ).

Elle part de la remarque que quelqu’un de fortement fatigué (mais pas totalement épuisé) est dans une sorte d’état de conscience où il prend les choses comme elles viennent en se lançant comme sans trop se défendre. Évidemment, ça marche dans un environnement humain généreux, il ne faut pas le faire dans un panier de crabe.

Et là comme j’en avais marre de stresser au moindre mot sur mon texte j’ai profité que j’étais de ménage pour l’appliquer ! J’ai donc passé la serpillière dans la grande salle de Tardy en refusant toute aide, sans du tout réviser la moindre réplique. Puis j’ai débarqué déjà largement fatigué par ma serpillière avec tout le monde au travail scénique, et tout s’est enchaîné super. Les 100 répétitions de la même scène du même geste de la même réplique exigées par la metteuse en scène se sont passées comme un charme, un plaisir même.

… peut être pas à refaire à chaque fois ?

À demain.

Soulier de satin, répèt 6

À la conquête de la totalité du Soulier de satin, un orage, vers 2h du matin, était sur notre route et nous a empêché de répéter les scènes en extérieur !

… De toutes façons, cela tombait bien ; sans lui, nous aurions fini vers 5h du matin. Le ciel était de bonne aubaine.

leroi

Continuer la lecture de « Soulier de satin, répèt 6 »

Soulier de satin, répèt 5

Ce jour nous sommes passé d’un mode de répèt « jour » à un mode de répèt « nuit« , c’est à dire la configuration du spectacle final, qui se déroulera de 18h à 2h du matin. Cela a eu une conséquence directe sur moi : aucune photo ! Ce n’est pas vraiment à cause de la nuit, mais c’est que le rythme du spectacle commence à nous emporter, et que tout m’a un peu dépassé : je me suis reconcentré sur le déroulé. Même j’en ai paumé tous mes textes ! À 3 heures du matin, lorsque nous avons fini, je ne savais plus ni où étaient mon bouquin ni mes notes ni mes photocopies ; éparpillés, sans doute, dans l’étendue de la salle de l’amicale ou dans la cour ou du rectangle de pelouse en bordure de l’espace. Je suis parti.

J’observe que beaucoup de talents se font jour. Je ne parle pas des acteurs principaux manifestement tombés dans la potion magique du théâtre quand ils étaient petits comme Obélix que ça en est un scandale, mais de tous les acteurs / actrices style second rôle, genre 10 pages de monologue (la norme avec Claudel) ou 50 de dialogue à 20 personnes (le facile dans le Soulier). Je trouve qu’il y a beaucoup de petites perles qui apparaissent, tels ces courtisans littéraires, ces ombres fantomatiques lunaires simples ou doubles, ces conquistadors épuisés en crise de nerf, ou ces pêcheurs d’eau de mer sucrée.

Et quelques spectateurs viennent déjà nous voir : nos répétitions sont en permanence ouvertes au public, jusqu’à 2 heures du matin (attention ensuite il faut aider à ranger). C’est des habitants du quartier, des amis, des gens qui en ont entendu parler. Voir la mer onduler à travers les murs de la salle Tardy vaut un petit détour. Et puis on est très contents, ça nous donne un petit air important.

À demain.