Au service des commerçants

J’ai toujours dit que la publicité c’était le MAL. Et bien… Par deux fois, j’ai cédé, pour quelque plat de lentilles.

Un première fois, pour une auto-école, faire un film promotionnel.

Une deuxième fois, pour un groupement de commerçants du centre-ville, pour une feuille publicitaire.

À chaque fois j’ai retourné ma veste, plus de 40 ans de détestation, sans difficultés, juste pour un peu d’argent.

Oh ! Je pourrais dire : Il y a de la bonne et de la mauvaise publicité, moi je fais de la bonne et gnan gnan gnan.

Mais quel hypocrite je serais. À aucun moment je n’ai cherché à savoir, à évaluer de qui de quoi. J’ai accepté tout de suite. Finalement, c’est seulement la minusculité des budgets qui permet de penser que, si c’est de la mauvaise, elle ne risque pas de faire beaucoup de mal.

Oh ! Je pourrais dire : C’est pour des petits commerçants, ça les soutient, etc.

Mais quel hypocrite je serais. Si demain une grande surface en périphérie me demande la même chose, évidemment que je recommencerai.

Oh ! Je pourrais dire : Ce n’est pas de la publicité, c’est de l’Animation Culturelle Pédagogique Décalée.

Mais quel hypocrite je serais. Je déteste au moins autant l’animation !

Après… tout n’est pas mauvais… les voies du Seigneur sont impénétrables… il semble que je devienne un bon choix stéphanois sur le casting Mâle plus de 50 ans… Sur le stéréotype du beauf je m’impose :  même entouré de caméras, cerné de projecteurs et de micros, de fils, de scotchs, maquillé dans un garage, habillé dans un sac, épié comme billet de banque par le commanditaire et contrôlé comme marionnette par le réalisateur, pour 3 répliques de 3 mots sur 3 heures, j’arrive encore à être sincère !

Et puis, c’est une diable de reconnaissance. Ou c’est la reconnaissance du Diable, comme on voudra. Voilà que des commerçants, des vrais, se mettent à se dire que il y a un filon à suivre avec ce théâtre et ces petites histoires fantaisistes !?

La librairie de Paris est un lieu dont les propriétaires sont tout nouveaux. La librairie de Paris est un lieu où l’on peut aller déguiser en Harry Potter et croiser Craig Johnson, auteur de polars et cow-boy véritable du Wyoming. La librairie de Paris […] Et, surtout, la librairie de Paris n’est pas à Paris, mais à Saint-Étienne.

Pas du Molière, certes… c’est moi qui a écrit ça. En collaboration avec… houlà il y a du monde dans la pub. On ne plaisante pas si facilement quand même.

Alors on peut me dire Oui, mais la Librairie de Paris, c’est des intellectuels... Sauf que j’ai fait pareil pour Slipissimo ou Rouge-gorge,  boutiques de sous-vêtements affriolants masculins et féminins respectivement, pas vraiment le genre à s’endormir en lisant un bouquin.

On dirait que même les milieux économiques les plus rudes étouffent dans leurs baratins et que la fiction est pour eux une porte de sortie, même économiquement parlant.

Et cela avance sur plusieurs fronts. Retourner sa veste, ça n’est qu’une partie. Être dans la rue, c’est être au milieu des commerçants. Faire le guignol dans la rue, c’est faire le guignol au milieu des commerçants. Et, finalement, ils apprécieraient plutôt.

Alors pour du bénéf, le mieux, c’est les salons de thé. Un thé ça vous coûte 20 centimes, mais ça en coûte 4,50 € au client. Comptez. Quoi de mieux. C’est bête comme chou ! Et si vous rajoutez des crêpes sucres vous faites votre beurre. Dans les petites affaires ce qui compte, c’est pas le chiffre d’affaires, c’est la marge. Croyez-moi c’est royal. Et cet homme est génial [c’était moi, brutalement]. Son histoire de lanceur de fusées de Kourou sur la place Boivin j’étais plié de rire [apparemment, c’était le même sujet que le chiffre d’affaire et le bénéfice]. J’ai un copain en Guyane, j’ai pris la photo et je lui ai tout envoyé par SMS. Lui aussi il sera plié.

Alors, si j’arrive à faire rire aussi la Guyane maintenant, je peux bien trahir quelques vertus.

 

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