Choeur parlé pour dessiner la ville

Le Collectif X est revenu à Saint-Étienne avec son projet de portrait de ville, dont on peut retrouver ici le dossier (puisque ces choses là ne se font pas sans dossier) (et notons qu’ils y utilisent la typographie Sainté Mix, la véritable typographie stéphanoise ! ).

Entre autres, ils font un chœur parlé, auquel je participe assidûment, et dont je m’étais inspiré pour faire le Cri de la Gazette, en d’autres temps.

Le choeur parlé est un truc extrêmement simple : c’est comme un choeur musical, sauf que on ne chante pas, on ne fait que lire à haute voix, tous les participants disant à l’unisson le même texte.

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Recadrage d’une photo de Clément Fessy, vidéaste au Collectif X sur ce projet.

La forme – avec le Collectif X, on emploie le terme de forme – est d’une grande souplesse, et permet d’infinies variations esthétiques, basés sur l’écoute émerveillée de la voix humaine.

Ce jour, le spectacle – du moins la présentation du travail – était dans le quartier du Soleil, dans la maison de quartier, et comportait, pour décrire par le théâtre la ville, diverses saynètes que les comédiens avaient élaborées au cours de leurs déambulations et de leurs rencontres avec des vrais gens, et, pour finir, cette forme, où l’on présente à la suite 100 aspects, chacun très court, de la ville, dans le style Saint-Étienne, ville verte / Saint-Étienne, ville noire /  Saint-Étienne, ville qui change de couleur ; et ainsi de suite, 100 fois ; on dit qu’il s’agit de 100 définitions.

Ces 100 définitions sont élaborées collectivement ; si vous voulez participer, cliquez ici, mais… ça commence à être tard pour cet épisode.

Et, au bout du compte, on dit que ça dessine une ville. Mais heureusement ce n’est pas le seul moyen. Il y a quand même une vraie dessinatrice, avec de vrais stylos et de vrais pinceaux, pour des dessins habituels, ne cherchons pas l’originalité à tous prix, restons raisonnables. Faisons quelques fois des dessins avec des crayons.

Pour moi c’est un excellent exercice d’articulation, d’expression parlée, d’écoute, et aussi un grand moment de rencontres. C’est une oeuvre collective, une oeuvre directe, qui fait revivre, simplement, à tous, des tonalités de l’identité stéphanoise, par le médium de la voix.

Et ils ont recommencé le lendemain à l’amicale Sysley, et on fait la finale vendredi 9 et samedi 10 octobre 2015, à la Passerelle à Saint-Étienne ! Venez voir !

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Extrait de l’affiche du spectacle, affiche réalisée par Madeleine Guilluy

Pour le vendredi 25 septembre.

2 commentaires

  • C’est bien fragile, la notion d’identité, qu’elle soit urbaine ou régionale, à notre époque. Fragile de définir, de parler. Car l’image des identités collectives qui prédomine dans les médias est actuellement une image par défaut, celles de communautés qui se bâtissent contre, pas avec, qui s’affirment au détriment de … Donc, la démarche est aussi sensible qu’importante, elle peut toucher là où ça fait mal, là où ça fait amalgame., là où s’évoquent et se heurtent les dérives du repli, du « simple » mais miné chauvinisme aux échelles plus larges, circonscrites sur soi la par fermeture à l’autre.
    De fait, la démarche est super fragile aussi. Eh bien le travail auquel il aboutit est une proposition de bulle d’air, le propos se nourrit d’ouverture et de relativité, d’accueil chaleureux et égal, donne une vérité multiple, celle de tous, devient un florilège où les divers points de vue cohabitent, comme un patchwork, l’identité du grain de sable et celle du sable dansent ensemble, dynamiquement, et c’est super chouette, je le sais parce que j’ai écouté le travail ( le spectacle d’étape, le final se révélant ce soir.) Tu as oublié un « e » à « emploi » (verbe conjugué, en-dessous de la photo)

    • Merci Dailly pour la typo que j’ai immédiatement corrigée, et ton commentaire !

      Je suis complètement d’accord avec toi sur l’identité que l’on bâtit contre, et non avec. Je l’ai mille fois constaté. Les groupes d’amis, par ex, sont sur ce modèle.

      Mais, avec ?… contre ?… Il me semble que le théâtre permet de sortir de ce problème binaire, par le jeu qu’il introduit dans les rôles. C’est ce jeu qui introduit la compréhension, par exemple. Que tu sois avec ou contre qqun, tu ne le comprends toujours pas. Encore mais mais mais, pour faire tu théâtre, il faut être un peu « avec », un peu gratuitement, d’où le fait que c’est bien dangereux de faire du théâtre « dans », ou « avec », la ville.

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