Approche

De Le Fantastique Dictionnaire
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Cette page vient des idées de Emojione 1F61C.svg Avec Bergounioux lieu public. Cependant, je change beaucoup de choses de cet exercice.

Déjà, par le terme Approche, que je préfère à sas, ou lieu intermédiaire. Ensuite, je me contrefiche des lieux de l'enfance, bien sûr (mais je ne les fuis pas non plus).

Mais je conserve quand même l'idée de lieu intermédiaire, de lieu public, un peu de cérémoniel ou rituel (ou plutôt avant le rituel), et le reste.

Plein de femmes un docteur

Chambre de clinique

Emojione 1F61B.svg Avec La route rouge de Rimbaud

Le marché. Les placiers. Le sombre. Les travaux. Les horaires. Les contraintes. Des humains. Mal éclairés. Des groupes. Des voix. Des oignons. Non, c'est pas ça. Fruits exotiques ? Bien rangés. Le commerçant du marché, cet artiste de 6 heures du matin. Avancer à mesure du temps. Un rendez-vous. Quitter le marché. Des immeubles en café froid. Bien attendre que la première porte soit fermée avant que la seconde s'ouvre. Plein de femmes, un docteur. Monsieur votre nom, monsieur votre nom, monsieur votre nom. Bonjour. Tout est ordonné. Je choisis cette veine, respirez. Murs jaunes, aquarelle fade. Attendre en premier que le docteur arrive. Me disant que normalement on n'entre pas avant.

La Terrasse grand manège

La Terrasse, Saint-Étienne

Emojione 1F61C.svg Avec Bergounioux lieu public (je ne suis vraiment pas sûr d'avoir bien appliqué l'atelier, mais c'est ce qui est arrivé)

Un terminus, un pôle d'échange, des bouts. Un aiguillage et un grand espace vide où les bus tournent. Rustique, mais le moindre écart peut tout bloquer, et ça énerve les chauffeurs. Un livreur pour la supérette Casino ? Et ça bloque le bus 8, qui bloque le tram T2, qui bloque tous ses petits frères derrière lui, et tous les bus et toutes les voitures... et tout se débloque aussi vite quand le livreur dégage de un mètre ou deux, mais ça énerve quand même tout le monde. On n'est jamais loin de la foire. Parce que le tram T2 passe sur le passage du bus 8. Que tous les bus 8 tournent dans le même sens même s'il vont à des destinations opposées. Que les voitures traversent les lignes. Les rails passent sur la place, ou sur l'herbe ou le trottoir. On utilise ou s'il le faut on casse le moindre espace dispo, pour les changements de direction, les tournants. Tout tourne ici. Le grand manège. L'un descend du tram, enjambe un quai, son objectif est imprévisible. L'un se met à courir, en vain. Partout des fonctionnalités, obstacles que le passager doit contourner : un distributeur de tickets, d'argent, un panneau pour les horaires, un abribus, un banc pour s'assoir.

Aller perdu dans un TGV

Et en plus ça tangue.

Emojione 1F628.svg Avec Aller perdu dans la ville

C'était dans ce sens. J'avais vu cet homme recroquevillé sur cette banquette. Et celui-là, chemise bleue, tête cheveux blancs ? Et surtout, cette femme, cette belle. Après, d'autres que j'ai déjà vus. Et je devrais arriver à ma place dans mon wagon, ce qui n'est pas. Il y a un escalier qui descend au rez-de-chaussée, mais j'étais à l'étage, c'est sûr. Je descends. Cette tête de personne assise sur une marche je ne l'avais jamais vue. Et ce compartiment au plafond rasant, jamais aussi, ni non plus cet alignement de personnes mornes. Et cette femme là je n'ai jamais vu des lèvres aussi rouges. Je recommence, si je reprends tout au départ, je devrais retrouver.

C'était dans un TGV Lyon-Paris.

Dernier passage piétons avant la plage

L'approche, le passage, le lieu transitionnel, le sas. L'avenue du front de mer est celle où est garée la camionnette, la plage est derrière.

Au cours de cet exercice, rien ne s'est passé comme prévu. J'avais décidé d'aller sur place écrire, avec cet atelier des lieux intermédiaires, sur un des plus vieux souvenirs de mon enfance (tiens, donc j'utilise quand même l'enfance) : l'arrivée sur la plage de Soulac-sur-Mer, plus précisément la traversée à pied de l'avenue du front de mer.

Mais en arrivant il y avait des travaux et engins de chantier sur mon lieu transitionnel... pas très conforme à mon enfance. J'avais décidé de l'intégrer quand même à mon atelier, mais je me suis aperçu que ces ouvriers et ce chantier installaient ce que l'on appelait Les planches, à savoir une allée faites de planches pour descendre sur la plage, et que leur présence et leur activité était bien intéressante, j'ai décidé de me lancer et d'essayer de relancer l'écriture là dessus, sur le modèle du petit journaliste.

Pour explorer le lieu, merci google (mais sans les engins de chantier).

Aujourd'hui une camionette et des engins de chantier garés : c'est l'avant-saison, on aménage la plage. Dernier passage piétons et aussi dernier chant d'oiseau avant la plage. Regarder à droite, à gauche, avant de traverser le front de mer. Le sol ici pique et brûle les pieds nus si le soleil luit. Le regard découvrant plonge vers l'horizon, par delà tout, même des travaux de préparation à l'été. Se rapprochant avec les pieds, le regard aperçoit plus d'océan, de couleur bleu ou gris métal selon le reflet du ciel ou de la couverture nuageuse, le rivage avec ses vagues et ses marées - enfin toute la plage. Aujourd'hui, les engins de chantier la "modèlent", la "dessinent" même, pour qu'elle apparaisse naturelle au touriste - mais il n'y a plus rien de naturel ici depuis longtemps. Les pieds commencent à sentir la surface crissante du sable.


Engin de chantier préparant la plage de soulac pour les planches.JPG

Les travaux, c'est l'installation des "planches". Les planches, c'est ainsi qu'on nomme un passage fait de planches qui traverse la plage de haut en bas et permet aux touristes de descendre facilement vers le bord de mer - le touriste n'aimant le sable que pour s'y allonger, pas pour y marcher. La municipalité les installent au printemps, et les retire en automne : elles restent toute la saison. La saison, ici, c'est la saison touristique. ; il n'y a pas vraiment d'autre saison, ici.

Un gros engin avec des roues énormes et une pelle gigantesque aplanit d'abord la plage en lui donnant un aspect incurvé style ile du Pacifique. Puis les ouvriers disposent un fil guide tendu entre deux pieux en fer pour marquer l'emplacement de la future allée rectiligne de planches. Ils posent ces planches le long de ce fil. Ils commencent par le haut de la plage et redescendent vers la mer.

La voie de planches est constituée de modules carrés de 2m sur 2 environ, formées de planches, disposées les unes à la suite des autres. Une fois qu'ils ont posé un module à plat sur le sable, les ouvriers sautent dessus pour renforcer son assise sur le sol ; ainsi, l'allée est juste posée sur la plage.

Travailleurs d'aménagements de la plage de Soulac-sur-Mer.JPG

Pendant le travail les hommes parlent entre eux ; un autre groupe vient les voir et ils discutent. Ça n'empêche pas le rythme d'être assez suivi.

Quelques fois, une planche est abimée. Les ouvriers la réparent, mais ils n'ont pas d'outils prévus pour ça. Alors ils utilisent un rateau pour enfoncer un clou, ou une pelle pour extraire une planche. C'est le règne de la débrouille, mais ils ont l'air de connaître leur boulot : ils agissent calmement, posément, à propos.

Et puis mon appareil photo est tombé en panne de batterie. Je n'ai même pas pu photographier les planches elles-mêmes, alors que j'en avais parlé aux ouvriers. Rien ne s'est passé comme prévu.