Double-page

De Le Fantastique Dictionnaire
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En réponse à l'atelier d'écriture de François Bon atelier d’été, 5 | pour un dictionnaire (donc l'une des réflexions qui m'avaient guidées vers la création de ce dictionnaire) j'avais proposé le terme double-page. Voici mon texte :

Le dessin de planète va et vient, sous le trait de la main du regard de l’humain sur la page. Il dépasse, et un vaisseau spatial déborde, ou un pont, entre deux étoiles, se termine à coté sur la table. Que l’on rajoute des feuilles autour par agrandir le cadre de la genèse du départ et revoilà, une météorite qui redéborde. En mettant un fond noir bleuté, percé de clous aériens formant voie lactée, on fabrique une profondeur au milieu de la feuille, ce profond pouvant être teinté de rouge, d’orangés, de verts et de bleutés, et même être lumineux. Ou, si l’on souffle sur les feuilles, alors leurs contenus s’envolent et retombent en désordre, les personnages qu’ils encadrent se croisent en rapports improbables et comiques, se cachent, se heurtent, se chevauchent. Si l’on épaissit et rigidifie les feuilles alors on peut en construire des châteaux comme avec des cartes de jeux. Ainsi en faire une hauteur, qui pourrait impressionner l’assistance sans qu’il soit besoin de rotatives ni d’encre. Le grand château pourrait cacher des parties dans plus d’ombre, et en montrer dans plus de lumière, dans une fantastique construction à jouer. Sur un souffle tout est par terre encore. Les ponts entre étoiles sont à nouveau coupés sur les carreaux du carrelage : le courant d’air a posé les morceaux sur une grille répétitive où l’on marche, et qui nous suggère une infinie reproduction, et que quelques objets humains – chaise, armoire… - rend utile. Aussitôt on reconstruit les ponts, tout de suite, on fait revenir les étoiles, les planètes et personnages avec leurs vaisseaux plein d’allures. Et l’on voudrait encore les effeuiller, les rendre nus, les revoir avec crainte et pudeur. On voudrait prendre ces satellites pour leur beauté, entrer en cet espace pour sa douceur, s’ouvrir à tout délices, s’allonger, auprès des jaillissements de feu. On se fond dans leur pliure au centre du livre, toujours, ce saut sur un invisible, d’une page à l’autre, un noir chaleureux qui bruisse des traits qui s’enfoncent en lui et reviennent. Autour, les deux pages consentent à ce faux cadre qui s’encorne dans le pli du livre de l’histoire du dessin. C’est un exploit technique, pour faire correspondre les lignes et couleurs et formes d’un coté à l’autre, et ainsi obtenir une double-page qui relance la simple page, sans la tourner ni la passer, avec le pli au centre du cahier, du livre, du journal, lumière qui n’éclaire pas son mystère. Une gueule d’homme a ses yeux sur la page de gauche et sa bouche sur celle de droite, la pliure traversant son visage, grâce à laquelle on peut l’ouvrir et le fermer, double-page, où un regard de magicien rassemble le visage rompu.

La zone industrielle Molina la Chazotte

À l'entrée. C'est sur ces panneaux que j'ai lu les noms des sociétés et des rues

... À Saint-Étienne, évidemment.

Pourquoi ici, dans Double-page ?... parce que le nom de la société ça fait une page, le nom de la rue ça fait une autre page.

Emojione 1F633.svg Avec autobiographie aux noms propres

Prendre ses fleurs à DEFITEC SIEGE Rue de l'Avenir, ressentir KUZMA CABLES Rue de la Talaudière. Les sept petits nains travaillent à DARAGON Carrosserie ru Mathieu de la Drome. Se cacher chez FUCHS S.A. Rue Albert Camus. On attrape salamandres et grenouilles pour faire peur aux filles et faire chier le surgé aux COMPAGNONS du DEVOIR rue Raoul Follereau et TESSI INFORMATIQUE Rue de la Talaudière et on s'échappe avec LAHO EQUIPEMENT Rue George Sand.

Et j'ai exploité ces panneaux dans un twit du jour !