Personnes croisées

De Le Fantastique Dictionnaire
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Il s'agit de gens, humains, personnes, aperçues sans vraiment de rencontre ou d'échanges conscients.

Pour des rencontres, voir Dit.

Déambulation à La Duchère, Lyon

Croisement rue Marcel Cerdan rueVictor Schoelcher Lyon.jpg

Emojione 1F628.svg Avec Aller perdu dans la ville (d'autres)

Des gens marchent avec poussettes et enfants, surtout des femmes. Ils marchent lentement, ils sont tranquilles, calmes, chez eux. C'est un temps de pose, un temps de vécu. Une femme assise dans sa voiture garée sur un passage piétons cherchant quelque chose sur son portable. Des hommes assis de toute éternité juste à coté sur un plot. Ils estiment avoir des droits, car la femme dans sa voiture n'est pas là depuis aussi longtemps qu'eux. Ils la regardent depuis leur plot.

- Dis-lui qu'elle est garée de travers, dit l'un à l'autre.

Il répète : "Dis-lui qu'elle est garée de travers"... "Dis-lui qu'elle est garée de travers", trois, quatre fois, sans aucune réaction de personne. Un chat traverse la rue comme l'éclair. Il est effarouché, il sort de nulle part, traverse vite par des zigzags brutaux. Il fait comme s'il y avait une menace invisible qu'il voulait tromper par une course imprévisible. Quelque chose qu'il a été seul à voir dans un monde hors du commun lui a fait peur. Tous aperçoivent ce chat et tournent un instant la tête, puis tout redevient calme.

La montée Sainte-Barbe

Cet escalier se trouve .

Emojione 1F615.svg Avec « on ne pense pas assez aux escaliers »

Les bruits dans l'air ressemblent aux couleurs. Ils passent furtifs sans insister. Un homme derrière moi dit au téléphone : Il faut que je passe chez la meuf. Mais au lieu d'aller au téléphone la voix vient vers moi. Elle arrive à mes oreilles qui me font voir qu'elle s'approche. Et le gris des murs répond à ma réflexion et lui donne quelque chose du métal. La voix passe au plus près de moi mais ne fait aucune étape dans le présent et prend le chemin du passé, s'éloigne. Et j'ai mes potes, dit-elle. Je n'entends plus que des gazouillis d'oiseaux que le reste de lumière irradie. Il n'est pas vrai que la lumière vient du ciel, elle est là, dans la matière de l'air ou du roc ; on la touche avec les choses, les êtres. Les sons là découpent quand ils arrivent. Elle forme l'escalier et les gazouillis fabriquent les marches.

Escalier de la rue Saint-Marc

Cet escalier se trouve .

Emojione 1F615.svg Avec « on ne pense pas assez aux escaliers »

Si ce n'était pas un escalier ça serait une autoroute car il y a un terre plein central renforcé, si ce n'est pas qu'une décoration, renforcé par de la vraie terre ; une vraie terre, un vrai plein, le vrai central. En brique, ce plein central accueille des lampes à derre. Un couple fatigué-courbé monte à droite en s'appuyant à la rampe. Chacun porte le même bonnet. Lui une veste sombre elle une veste claire, tous deux le même pantalon. Des jeunes descendent-survolent l'autoroute leur autoradio à fond par la gauche. D'autres passent à droite, une envolée de moineaux. Ils discutent bruit brillamment. Et leur voix déjà s'éloigne. Elle reste avec eux sans doute. Et on entend à nouveau les moteurs des voitures en contrebasdanslaville, avec au chant quelques klaxons. Toujours des gens montent. L'escalier reste humide mais le sec gagne du terre hein. Ambiance optimiste ce soir ; une femme parle au téléphone.

Escalier Antoine Salis ‎

Cet escalier se trouve .

Avec quelques touches de Emojione 1F62B.svg Avec La bande-son ça se raconte aussi

Fin du plat en bas, finir le plat du bas. C'est un passage de gens pressés ou habitués. La marches durent, marcher ou monter un effort dans les cuisses. J'entends une voix derrière : "Monter, monter, monter, les marches, les marches, marches". Et un autre voix : "Olala olala". Toutes deux : une petite fille et une dame d'âge mûr, ensemble. La dame encourage la petite à faire un effort. La petite tourne et virevolte dans l'escalier. La dame (sans vouloir se moquer d'elle) a un aspect plus massif. Elle s'appuie de gloussades "Pfou, pfou, pfou", et elle s'accompagne en frappant ses pieds sur le sol, ses chaussures grippant et bruissant en raclant les marches, concentrées sur la difficulté, entourées des jambes tournoyantes de la petite placée en orbite. Toutes deux disparurent derrière la plus haute marche, et silence. Dans l'air attentif j'entendis encore l'arrivée d'un monsieur qui montait : un vieil homme sobrement élégant, fin, chapeau et canne, me dit bonjour en me dépassant, se repose un instant, sur le bord d'un mur tout en haut à la dernière marche, puis lui aussi sort de l'espace.