En intervention à vélo

Dans la grande ville il y a plein d’endroits où les gens attendent quelque chose, par exemple un bus, et ces moments sont favorables à une présence, une expression, d’ordre théâtral, parce que à ce moment là « les gens » ont la sensation de perdre leur temps et que, s’il apparaît un truc spécial, ils ont l’impression de le regagner. Sauf à ce qu’ils souhaitent profiter de ce moment pour se reposer, il faut faire attention.

Je me suis fait un petit circuit en centre ville Saint-Étienne avec les arrêts de bus et tram entre les place du peuple et de la mairie, circuit que je parcours en vélo, traquant la bonne occasion.

L'arrêt de tram "peuple - libération", en début de soirée. Il y a déjà un peu moins de monde.

L’arrêt de tram « peuple – libération », en début de soirée. Il y a déjà un peu moins de monde.

Pour cette expression il n’y a pas besoin de grand chose : c’est un tel bordel que une simple existence plus ou moins harmonieuse avec l’environnement fait événement, théâtre, etc. C’est exactement comme une belle femme qui passe dans la rue.

Je suis, en quelque sorte, cette belle femme. Mais comme je ne dispose d’aucune beauté ni élégance intrinsèque, j’utilise une petite mise en scène, je demande l’écoute, je me fais remarquer : j’accoste avec mon vélo le quai du tram, je descends, j’occupe les rails du dit tram, (alors qu’il n’y a aucun tram à ce moment là), je dis bonjour à la compagnie, etc, je présente un micro-texte incompréhensible au milieu des bagnoles et des gens qui passent et de tous ceux qui essaient de comprendre, et je reprends mon vélo et je repars. J’arrête tout évidemment si un tram arrive.

Pareil avec les arrêts de bus.

Et en plus, vous voulez des applaudissements ? … m’a répondu un usager.

J’ai dit oui, et tout le monde m’a applaudi.

 

Pour le jeudi 12 novembre.

 

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