Graff sur kraft en rue

J’avais collé sur les murs de la ville des petits papiers sur lesquels j’avais inscrit TOUT EST RIQUIQUI. Ça m’avait bien plus. J’ai continué, mais en changeant le texte, histoire de ne pas être confondu avec tous les graffeurs qui placardent à l’infini leur blaze sur les murs des années durant. Je choisis l’expression « Tu es le battement du coeur« , trouvée dans le recueil L’archangélique de Georges Bataille.

Depuis la période de tâtonnements de Tout est riquiqui, les choses se sont précisées un peu.

Après avoir bien galéré avec du  papier peint, qui semblait le choix normal puisque j’utilisais de la colle à papier peint, je me suis fixé sur le papier kraft comme support. C’est à la suite d’une rencontre avec un graffeur, ou en tous cas un qui s’y connaissait, qui m’a expliqué qu’il valait mieux prendre du papier fin. De cette façon, la colle imbibe plus facilement le papier, et non seulement il adhère mieux au mur, mais encore il est mieux protégé de la pluie et de toutes les agressions possibles et imaginables de la rue. Et en regardant mieux, c’est vrai que les graffeurs utilisent un papier hyper fin. Je ne sais pas ce que c’est, en tous les cas j’ai essayé avec du papier kraft, et ça a bien marché, c’était mille fois plus facile, et je l’ai gardé.

Un peu plus laborieux a été la peinture elle même. Sur les petits formats (genre 5x4cm) je n’utilise que deux couleurs, et sur les plus gros, trois : vert, orange et noir. Mais que faire avec trois couleurs ? Quel rôle, quelle justification ont-elles ? Comment les pousser pour qu’elles occupent toute leur place ?

Je cherchais un orange dansant, tournoyant… ça donnait bien, mais ça prenait un aspect verroterie, superficiel, un peu ridicule… qui pouvait être pas mal, mais… Finalement, après bien des sueurs, je me suis fixé les règles suivantes : vert, pour situer le motif ; orange, pour l’étendre ; noir pour le définir. (en général).

Pour les pinceaux, j’en prends des assez gros, relativement à la taille du papier. Je voudrais que le trait fasse un peu pâté.

Et puis, j’ai commencé à augmenter la taille et la quantité… tout en restant modéré, c’est juste une évolution tranquille, une évolution en recherche, une recherche de recherche.

Et puis c’est rigolo de se promener dans la rue en faisant des collages.

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