Ici Bientôt 29/03/17

Pas grand chose, ce jour, pour moi, à part une installation de mon théâtre mobile rue de la ville.

Au poste frontière

On parle d’une frontière qui passerait rue de la ville, et je m’y suis installé avec mon petit théâtre mobile.

Le terme de frontière ne me parait pas très juste. Je verrais plutôt celui de confins, ou aussi de voisinage. À Saint-Étienne il n’existe aucune frontière ; les quartiers ont des limites multiples et floues, selon qu’on s’intéresse aux traditions, aux gens, aux objectifs. Les municipalités jonglent avec ces zones trop multiples à leur goût, les créant et les accolant les unes aux autres. On a ainsi le quartier Tarentaise-Beaubrun-Couriot, chose qui n’a aucune existence, à part à la mairie, sous une municipalité donnée. On peut dire que Beaubrun, ça existe ; mais difficile de savoir dans quelles bornes.

On retrouve le même genre de traitement à l’échelle de l’État avec le bien connu Auvergne-Rhône-Alpes. Il y a une frontière rue de la ville de la même façon qu’il y a une frontière entre la vallée du Rhône et les montagnes des Alpes. C’est surtout que le terme frontière vous donne un petit air concret, dont la prose des responsables a bien besoin.

Et donc voilà mes cartons mes histoires mes salades offertes au tout venant qui n’ont plus qu’à en choisir une et à s’asseoir sur mon banc pour les écouter.

–  Pourquoi monsieur avez-vous écrit « l’amour c’est ça » avec « elle » et avec « lui » sur vos cartons ? Vous auriez dû mettre : « Eux ». Ne savez-vous que l’amour n’est pas seulement l’affaire d’elle et de lui, ne savez-vous pas qu’il y a des transgenres ?… Je ne suis pas transgenre moi-même, je dis que vous les stigmatisez. Il faut mettre « Eux ».

Qui donc raconte des histoires au poste frontière de la rue de la ville ?… c’est moi ou c’est « Eux » ?

– Qu’avez-vous écrit là sur ce carton, monsieur : « La prière de la vénérable » ??… Qu’est-ce ? Pourquoi « la » ? « La » vénérable, ça n’existe pas. « La » ? C’est « Le ». C’est « La » ? Ou « Le » ?  Réfléchissez bien. Nous ne connaissons qu’un seul vénérable. Vous comprenez de qui je veux parler. C’est « Le » que vous auriez dû écrire sur votre panneau. Le grand, l’immense, l’incommensurable « Le ».

Enfin bref, le théâtre confirme encore une fois son extraordinaire capacité à manifester la vie : je ne faisais absolument rien que être là, assis sur une chaise, avec mes pauvres cartons fatigués, dont je ne me souvenais même plus de la moitié des histoires. Ce type m’aurait par exemple demandé de lui dire cette histoire de « la vénérable » que j’en aurais été incapable. Mais même plus besoin de raconter d’histoires car elles viennent à moi.

Et les autres

Pas fait grand chose ce jour, mais pas eu le temps de beaucoup voir les autres non plus !

Ceux de Typotopy sont toujours à courir avec force et énergie vers l’Enseigne Parfaite.

Professeur et élève, portés par un même regard.

Et, si j’attends le client pour mon petit théâtre mobile, on l’attend aussi, dans les locaux de ici bientôt, pour le parcours sonore urbain Ouïe.

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