Ici Bientôt 30/03/17

La journée où les boîtes sont remplacées par des chaises !

Chaises enthousiasmantes

J’ai déjà tout expliqué ou presque sur ce blog au sujet de promenades avec des boîtes. Et bien ce jour, Lucile et moi avons décidé de les remplacer par des chaises, histoire de voir comment un plus gros objet plus solide se comportait.

Nous avons été totalement conquis par l’idée. Pratiquement tous nos problèmes qui nous coinçaient avec les boîtes se trouvent résolus de façon très simple et très élégante !

  • Les passants s’impliquent très facilement, en s’asseyant sur une chaise tout simplement, et créent spontanément de micro-groupes ou ambiances, tous et toutes facilement détruites et reconstruites par le fait que les chaises avancent et se transforment sans cesse. Nous avons ainsi pu créer quasi-naturellement un petit théâtre improvisé, avec des spectateurs de passage, et même des acteurs (c’est à dire une actrice, en l’occurrence) de passage. Question texte nous sommes toujours avec François Bon et ses Fictions du corps  (cette fois c’était Notes sur les surveillants de la pollution) ; aussi avec les textes de la passante.
  • Physiquement c’est beaucoup plus facile que les boîtes, à la surprise générale, puisque les chaises sont beaucoup plus lourdes. Probablement parce que on n’a pas à se baisser pour les ramasser.
  • Toutes les qualités esthétiques des boîtes (mais oui) sont transposables et transmissibles aux chaises. Notamment la transformation incessante, presque encore mieux avec les chaises. Mais attention que avec les boîtes on était plus dans l’ordre du trait, du mouvement, de la caresse, sur la peau de la ville, alors que avec les chaises on est très vite dans une sorte de construction, de pose, de montage… intéressant aussi, c’est vrai, mais on risque de perdre le glissement, le passage, le dessin et le dessein… heureusement en étant vigilant sur les alternances passage / pose on arrive à de belles choses (il me semble).
  • Les chaises ont un coté utile dont se saisissent très vite les passants. Ça, c’est très important.  Moi, j’ai tendance à ranger le théâtre dans la catégorie vie pratique, et non pas culturelle. (et encore moins passion personnelle, beuark). Et au moins à Saint-Étienne on n’est pas emmerdé par les touristes, on est direct dans du vécu avec les gens. Ce coté vie pratique a fonctionné à fond ici : un passant s’assoit, affirmant qu’il est fatigué, et se trouve d’accord pour écouter notre spectacle, tant qu’à faire ça lui évite de perdre du temps ; ou un groupe de jeunes, considérant que notre prestation artistique est complètement inutile, se saisissent de nos chaises et s’assoient, pour rendre notre prestation utile, disent-ils ; ou un enfant, manipulant une voiture téléguidée, utilise nos chaises comme circuit de course ; etc.

Par contre, (quand même, un défaut) question logistique, c’est autre chose… là, je ne sais pas comment on va faire. On transportait les boîtes sous le bras, mais pour les chaises il faut une camionnette… je ne sais pas comment on va faire. Et c’est très important qu’elles aient une couleur, pas que ça soit des chaises normales… (pour les boîtes c’était pareil). Là, je sais pas.

Et on assiste à un nouveau Drame au Théâtre : une femme qui ne savait pas, 1 mn avant, qu’elle présenterait une histoire qu’elle avait écrite, devant 10 personnes qui elles-mêmes l’ignoraient aussi. Avec les boîtes ça aurait été impossible. Avec les chaises c’est possible.

Et le reste

C’est encore une fois la présence des signes dans la ville avec Typotopy, ses designers internationaux, ses typographes, ses professeurs et étudiants…

Je n’ai malheureusement pas pu assister à l’ensemble – occupé par les boîtes – , mais je suis étonné de voir combien tous ces gens utilisent la projection, le décalage, la fiction, tout ça rapporté à une présence concrète, par contact humain, par promenade, par réflexion, pour découvrir les formes signifiantes.

Après les travaux pratiques, dont j’ai rendu compte dans de précédentes journées, on voyait surtout aujourd’hui les enquêtes, les rapports, les conclusions, projets et perspectives.

Dans toutes ces histoires, ne perdons pas de vue que ce sont les notions d’urbanisme et de participatif dans les boutiques qui rassemblent l’affaire ici bientôt !

Puis on est allé guincher avec les mélodies de l’École de l’Oralité, sa scène ouverte des musiques du monde. Bin oui quoi ça aussi c’est la ville, et l’humanité. Bin oui quoi tout se termine en musique.

 

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