Le Fantaizine, la fantaisie à coté de nous

Dans les cafés, ou autres lieux publics, je publie une sorte de journal mural : le Fantaizine. Il y a presque 10 lieux, comme ça. Je le réalise à partir d’informations fantaisistes que je publie sur twitter, et j’actualise régulièrement tous les lieux où on m’a permis d’y placer ces informations.

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Au Bar et vous, un bar de Saint-Étienne.

J’ai expliqué, dans Il vaudrait mieux que tout soit faux, les idées qui me trottent dans la tête en réalisant des informations erronées. Ce qui est faux, de mon opinion, dans notre contexte social, facilite mieux la découverte du monde. Je vois la fantaisie comme une arme.

Certains discourent et s’offusquent de ce que faux ou fantaisiste, c’est pas pareil… ok. Préférez faux, en cas de doute.

J’ai déjà publié sur twitter presque 400 informations fantaisistes, et ça continue. Le fantaizine en est la version expo de papier, la version journal mural.

Il se compose d’une sorte de panneau rectangulaire comportant 10 images. Au départ il n’y avait même pas de titre, et rarement des explications à proximité.

Mais je me suis fait jeter d’un café qui m’avait d’abord accepté, le Little Soba, au motif que les gens ne comprenaient pas ce que c’était, que ça les perturbait, ces trucs manifestement incorrects.

Aussi, pour éviter d’autres déconvenues, j’ai au moins mis un titre (le « Fantaizine« , donc), et depuis je n’ai plus eu de problèmes. Du moment que les gens voient un titre, ils considèrent qu’ils savent ce que c’est. Et au Little Soba je n’y vais plus que pour consommer, et cela semble convenir à tout le monde.

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Chaque information se compose d’une image et d’un texte court.

Pour éviter de payer une photocopie couleur à chacune, ce qui me reviendrait à une fortune, je transforme la photo en noir et blanc, puis j’en fais des photocopies noir et blanc, puis je la colorie. Le fantaizine, d’une point de vue technique artistique, c’est d’abord du coloriage rapide. Au départ je faisais avec de l’acrylique, dont j’ai des pots de peinture bâtiment de récupération à foison, mais j’en ai eu marre des gros pots et maintenant je colorie avec des crayons de couleurs aquarellables, nettement plus faciles et précis.

Voici les étapes, si vous voulez cliquer, à partir de cette information :

Le coloriage me prend environ 1/4 d’heure par image : je n’essaie pas de faire du Picasso. Mais, pour 10 images que comporte un lieu d’expo, cela me fait déjà 2h30 de travail… et comme toutes les semaines je suis censé en changer 4 dans chaque lieu, je ne chôme pas. Mais je n’y arrive jamais.

Et ensuite il faut aller physiquement dans les lieux d’expo pour porter les nouvelles informations fantaisistes ! Je suis censé passer toutes les semaines, mais dans la pratique je ne le fais que toutes les 2 ou 3 semaines, voir pire.

Je suis partout bien accueilli, ça me fait une petite tournée des bars et autres lieux publics. On finit par faire connaissance.

Voici divers exemples :

Et voilà et avec tout ça quelques fois, quelqu’un regarde, et s’amuse.

 

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Au bar Foch.

Lieux où vous pourrez trouver le Fantaizine :

  • Le Bar et vous (un bar) – ici.
  • L’Excuze bar (encore un bar) – ici.
  • Le bar Foch (vous avez compris) – ici.
  • Le Gran Turismo (un bar à hôtesses) – ici.
  • Maison de quartier du soleil (centre social) – ici.
  • L’Entre-pots (un café) – ici.
  • L’amicale laïque Chapelon (as is) – ici.
  • Le Soggy Bottom (qu’on ne présente plus) – ici.
  • Le centre musical Massenet (as is) – ici.
  • Le centre social Sisley (as is) – ici.

Et si vous voulez suivre les épisodes de développement du fantaizine, tentez un RSS (si vous savez ce que c’est, sinon n’essayez pas) du mot clef fantaizine (évidemment) ou aimez le compte facebook de Réan Fénine (moi) en public.

Un commentaire

  • Encore un bien bel article.
    Je ne peux qu’applaudir l’intelligence de la démarche, son optimisme, sa bienveillance.
    De façon toujours aussi subjective, je dirai que l’argument du Little Soba est bête et méchant.
    Mais il me semble que tu es injuste d’interroger la nécessité d’un titre et je dirais même, d’un édito explicatif, aussi clair qu’exprimé en haut de cet article.
    Ce titre est une entrée, une porte ouverte, son épigraphe un guide. Sans titre, tes images sont comme des bassins d’eau sans panneau pour dire : « baignade interdite » ou  » j’existe pour que vous vous baignez ».
    Je ne sais pas si c’est bien utile que je dise ce que j’en pense.
    Surtout si tu ne portes pas de maillot de bain en lisant mes mots. :0

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