Le film de l’homme qui marche dans le Pilat, Texas

Figurez-vous que je connais des réalisateurs de films.

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Photo de Vincent Rubin.

Par exemple, Vincent. On avait déjà travaillé ensemble, lors de la réalisation d’une agence de presse fantaisiste, voir ici, et .

Et un jour, tout en lisant mon blog, il regardait un film de Wim Wenders, intitulé Paris, Texas. Aujourd’hui les gens font 15 trucs en même temps. Il est probable qu’il regardait facebook aussi, tout en répondant à un SMS, en fumant une cigarette, buvant un verre, tout ça dans un ascenseur en conduisant sa voiture.

Aussitôt il pensa à moi pour refaire le film de Wenders ; c’est à dire, selon lui, de me filmer en train de raconter une histoire de tortue en marchant. Cette histoire de tortue là.

Certes, il y a un type qui marche tout le temps de façon illuminée dans le film de Wenders, sauf qu’il ne raconte pas du tout une histoire de tortue. L’origine de cette pensée de tortue reste un mystère. C’est peut être que, dans le film à notre disposition les sous titres sont désynchronisés d’au moins 30 secondes par rapport au son, ce qui pourrait induire des simultanéités improbables.

Bref, quelques jours plus tard, nous commencions le film, en remplaçant le désert du Texas par le Pilat, comme il se comprend bien. Par contre, la tortue… on finit par la remplacer par un poème de Saint-Denys Garneau intitulé Mon dessein.

Vincent embarqua dans l’aventure Samuel, pour prendre le son.

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Samuel prenant le son.

Tous deux allèrent repérer les lieux. Le script était un bonhomme (moi) qui sort de la ville (Saint-Étienne) en marchant de façon somnambulique/décidée/hypnotique vers la montagne par les voies express, puis les petites routes, sentiers, jusqu’à rien. Ils choisirent un pierrier, précisément un chirat, pour manifester ce bout du monde. Et là je dis la poésie Mon dessein.

Pour moi l’aspect sensible était la marche. On voit Travis marcher dans Paris, Texas… c’est à la fois simple et fabuleux. Il fallait que je manifeste que la marche à travers l’espace était le point majeur de ma personnalité,  que je reproduise une marche à la fois décidée, comme sous l’empire d’une idée fixe.

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Votre serviteur, lors d’une pause. On voit que je suis poursuivi par le costume du capitaine, que je n’ai pas de difficulté à paraître illuminé, mais que, pour le coté décidé, c’est un peu plus laborieux.

Les choses ont été organisées par le Réalisateur comme une horloge. Une grande balade très plaisante dans le Pilat. Il a même fallu improviser, car la lumière n’était (évidemment) pas la même que lors des repérages. Le temps idéal, selon le Réalisateur, est un gris lumineux, qui montre le mieux les couleurs ; mais au jour du tournage, il faisait trop soleil, ce qui écrase les tonalités de la nature par trop de contrastes, et il a fallu plusieurs fois attendre qu’un nuage estompe la lumière trop violente du soleil, et on ne peut pas dire que ça soit très fatiguant, d’attendre qu’un nuage passe…

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Pour le vendredi 14 août.

3 commentaires

  • Ben, j’attends la suite ! Et, si, tu sembles si décidé que ça m’embarque. Etrange ? car ton article reste trop secret sur le fond à mon sens (de la désorientation !)

    • Et bien pour l’instant la suite est qu’il faut attendre que le montage soit fait !

      Quand au sens de tout ça… peut être y en aura-t-il un si ça distrait les futurs spectateurs ?… s’ils sont « embarqués » ?

  • Quel provocateur tu fais ! Un cow-boy, un vrai, je veux dire style Wayne qui, après un dernier regard, silencieux, reprend la route …
    Cela dit, du sens, j’en vois déjà. Surtout dans les arbres au dernier plan sur la gauche de la dernière photo, ceux qui se prennent pour des bébés nuages. Superbe !

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