Pas de public donc rien

Des étudiants avaient créé au kiosque à musique de Saint-Étienne à la place Jean Jaurès un événement culturel avec des ateliers de street art, de slam, etc, et ils avaient demandé aux assos culturelles de participer et j’ai dit mon Un homme a tué presque cent personnes et une copine arrivant à ce moment là m’a écouté.

Mais qu’est-ce donc, qu’as-tu fait, dit-elle, qu’ai-je entendu ? Je ne suis pas d’accord, c’est mauvais. À qui t’adresses-tu, où est le public, où est l’adresse, où est le théâtre ? Parles-tu en l’air ?

Je devais admettre que l’ensemble avait plutôt un air de kermesse, avec le micro dans un sens, le haut parleur dans l’autre, (de toutes façons je ne suis pas très habile avec un micro), des ateliers à hue et à dia, chacun contribuant avec sa bonne volonté… le puit sans fond de toute démarche artistique, j’admets.

Mais quoi le micro, quoi le micro, quoi le micro, me dit-elle ? Depuis quand te laisses-tu faire ? Si tu as peur du micro ne l’utilise pas ! Impose le silence, impose l’écoute ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire c’est un peu nul, je ne suis pas d’accord ! Et qu’est-ce que c’est que ce texte ? Pourquoi le clames-tu comme si tu voulais l’imposer ? On n’oblige pas ! On fait pas dans le militant borné !

J’aurais bien aimé voir comment elle se débrouillait avec tous ces gens autour de nous qui s’imaginent à la plage, puisqu’il fait un peu chaud cette après-midi.

Ah non franchement tu te fiches de qui ? Attends qu’il fasse froid tant que tu y es, moi, dans pareil contexte je ne fais rien ! Pas de public, pas de spectacle ! C’est de la déontologie !

Bon… elle n’avait pas complètement tord, et puis, dans cet environnement de pensée positive collante et malfaisante, son avis fait du bien.

 

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