Revue des ateliers d’écriture de François Bon

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François Bon réalise des ateliers d’écriture en ligne (autre liste de ces ateliers ici) auxquels je participe. (ou explorer ses vidéos). Comme il y en a beaucoup j’ai besoin d’aide mémoire pour me souvenir de tous. (ou au moins de quelques-uns). Et voilà, c’est cette page.

Il s’agit uniquement d’un aide mémoire erroné et partiel de la teneur de ces ateliers. Pour les faire IL FAUT se reporter directement aux textes et vidéos de François Bon.
À jour ou plus ou moins février 2017.

En quête du fantastique

De l’atelier d’été 2015, description d’exercice : #série | en quête du fantastique

Faire une liste de peurs sans aller tout de suite au fantastique, faire doucement, en établissant la spatialité de l’imaginaire, son territoire. Procéder par accumulation, qui permettra de tenir ses peurs à distance, tout en leur permettant de nous traverser. Ancrer chaque élément de peur avec les autres.
Belle découverte des exemples de cet atelier : Seî Shonagon ( wik ).
Spatialisation… décrire un lieu qui accueille non pas un événement ou une action, mais un écart, son propre écart, qui déstabilise la réalité.
Qu’est ce que « être perdu » change à la perception qu’on a des choses ? Décrire une ville pendant un égarement. Faire attention au temps du récit qui doit être celui de la personne perdue, et non celui qui décrit l’aventure de quelqu’un qui s’est perdu.
Belle découverte des exemples de cet atelier : L’homme des foules d’Edgar Poe ( wik )
Le rêve n’est pas fantastique car il n’y a pas de récit, mais le fantastique part souvent d’extraits de rêves en faisant un récit. Donner, en les numérotant, 5 embryons de rêves qui pourrant faire récit dans un autre texte. Se contraindre à aller jusqu’à 5 pour que chaque intention dépasse ce qu’elle induit directement.
Voir là dessus L’INSTANT LOVECRAFT, 42 | LE RÊVE DANS L’ESCALIER.
À partir du souvenir précis d’un moment dans un film ou un livre lié à quelque chose de fantastique, l’évoquer le d’un mot, puis passer dans le fantastique à partir de ce mot. Il peut ainsi se constituer un dictionnaire du fantastique.
Partir de la réalité pour établir la fiction. Mais alors, qui a-t-il juste avant la fiction ? Quelle est cette réalité qui va basculer dans la fiction ? Et, à partir d’elle, plus le glissement vers la fiction est minime, plus le transport est efficace. Présenter ce lieu qui va basculer, juste avant cette bascule, et en multiplier les reflets, par éclats, sans passer au fantastique.
Belle découverte des exemples de cet atelier : VLOG | «LA PLUIE, LA PLUIE, LA PLUIE »
Ici d’autres réalisation personnelles sur le fantastique dictionnaire !
Basculer dans le fantastique ? Oui, essayer déjà par une légère distension du temps. Déplier cette bascule, compression, extension, du temps de succession des images. Faire le récit de ces images, s’en tenir à la bascule. Glisser un détail de pure invention ou fantasme. Attention au temps du récit, et au temps associé au récit (temps référentiel).
Prendre un texte ou autre oeuvre (voir le sculpteur César) et en faire une compression. À partir de là, inventer, le transférer en une nouvelle histoire. Une compression n’est ni un résumé ni un pitch, mais dit, en 5 lignes, la langue et la démarche de l’oeuvre, en porte l’intensité et le mystère, et met en valeur l’élément secondaire qui donne la tonalité fantastique.
Voir en 1, 2 et 4 de cette proposition, des considérations et explications générales sur les ateliers d’écriture.
Organiser des lanceurs d’écriture, sans visibilité générale sur ce que pourrait être le texte complet. Ne pas accumuler les lanceurs, mais découvrir ceux qui feraient une oeuvre fantastique dont on aurait la tonalité ou des images dispersées. Sauter dans l’inconnu du fantastique. Pour donner de l’autonomie à chaque lanceur, le numéroter, mais dans un désordre.

Apparitions d’atelier 2015 / 2016

Ces ateliers surgissent en cours d’année sans beaucoup de planification on dirait. Ils sont quelques fois numérotés, mais je ne comprends pas d’où sort le numéro ; il doit y avoir des listes secrètes d’atelier quelque part.

outils du roman, 10 | ne pas mentionner l’oiseau
L’oiseau est l’observateur, mais aussi celui qui vole au dessus du paysage. Rester à distance du paysage. Il est une scénographie pour un autre récit fantastique. Proposer trois descriptions brèves d’un même paysage, au même moment, faites par trois « récepteurs » (humain, animal, machine…) différents, jamais mentionnés. Prendre un paysage dans lequel l’auteur se sent impliqué, mais l’auteur se dissimule.
Ici d’autres réalisations personnelles sur le Fantastique dictionnaire !
outils du roman, 11 | penser directement en termes de structure
Peut-on voir un texte non comme un flux, mais comme une partition à plusieurs dimensions ? En suivant un exemple des Nouvelles, histoires et autres contes de Julio Cortázar. Si chaque couche est quasi technique, observer comment leur sédimentation apporte une dimension fantastique.
Voir le même exercice à nocturnes de la BU d’Angers, 10 | mise en quatre.
Nota : toutes précautions prises et toutes les réserves réservées, il me semble que le titre de cet exercice est mal choisi, et qu’il vaut mieux se placer sous l’idée de partition à plusieurs dimensions, selon l’expression donnée dans son premier paragraphe, plutôt que sous l’idée de structure.
Ici d’autres réalisations personnelles sur le Fantastique dictionnaire.
vers un écrire-film | 3, la bande-son ça se raconte aussi
Pour faire entrer le bruit dans l’écriture, fabriquer une bande son d’écriture. S’approprier par une démarche littéraire l’agrandissement du champ donné par l’audiovisuel. Par exemple, écrire comme les yeux fermés ce qui reste des éléments sonores d’un film.
écrire avec… Perec | neuf portes seront passées
Écrire une seule traversée fictive de micro-univers différents, chacun séparé des autres par une porte. Faire au moins 5 portes, idéalement 9. Ne pas faire de séparation entre les univers, mais provoquer l’imaginaire en ne faisant que passer. Faire un seul paragraphe bloc, et utiliser le point virgule, pour sa fluidité dans la séparation.
Ici d’autres réalisations personnelles sur le Fantastique dictionnaire.

Back to basics

Où s’articulent les principales dynamiques de l’écriture.

1 | notes sur ma table de travail
Simplicité, s’emparer de l’écriture, immédiatement accessible dans les objets du quotidien. Comme juste un dessin de sa table de travail. Les objets qui la compose sont déjà de l’écriture. Quoi écrire est déjà l’écriture même. Mais, en ce lançant à l’écriture, laisser ouvert, et n’énoncer que de possibles récits par ces objets, rester à distance, ne pas employer de je. Ne pas conditionner l’écriture par de la réthorique, mais aller vers le surgissement de mots en liste, rester attaché au sensible et au descriptif que transmet votre mot.
Avec Espèce d’espaces de Georges Perec.
2 | autobiographie aux noms propres
À partir de noms de lieux connus pendant l’enfance, et de ce qu’ils peuvent évoquer chez le lecteur, écrire sa biographie. Utiliser un recensement de ces noms de lieux, ces toponymes, y associant un élément concret ou sensible qui accroche la mémoire.
Avec Valère Novarina.
3 | 14 fois vers le même objet
Relever le défi des choses au langage.  (Ponge). Multiplier les processus pour désigner un objet, sans entrer dans l’espace entre un objet et le mot qui le désigne ; faire comme si on regardait un objet par derrière soi. L’écart entre le mot et l’objet est irrésoluble. Obtenir ainsi une description fragmentaire de l’objet, et le répéter 14 fois.
Avec Le Parti pris des choses de Francis Ponge.
Nota : voilà la description de la casquette de Charbovary tant attendue.
Ici d’autres réalisations personnelles sur le Fantastique dictionnaire !
4 | Artaud en juste 100 mots
Décrire un état physique de votre corps, son intensité. Se limiter à 1 paragraphe et 100 mots ; que cet effort pour synthétiser, aiguiser, compacifier la prose dans un seul bloc soit ce qui permettra de l’approfondir, de la rendre essentielle, de lui donner son culot d’invention, d’ellipse, sauts et fissures.
Avec un texte d’Antonin Artaud Description d’un état physique.
5 | la route rouge de Rimbaud
Rechercher l’audace. En partant d’une expérience concrète écrire depuis ses perceptions sensibles en laissant le texte s’organiser poétiquement par la distorsion, l’amplification, la symbolisation de la multiplicité des perceptions.
Avec Arthur Rimbaud, évidemment, et des textes dans Illuminations.
6 | le faux autoportrait comme vraie fiction
♠ Pas fait, trop occupé à plein temps même pire sur Le soulier de satin.♠
7 | aller chercher la voix des vivants
Explorer la voix non pas en la décrivant mais en la disant dans son texte.
Avec La voix sombre de Ryoko Sekiguchi.
8 | dialogue avec camion
Comment un dialogue se construit par illusion de conversation réelle. En cherchant une situation de dialogue vécue, mettre en place le contexte, qui va porter toute la tension du dialogue, libérant sa partie orale.
Avec Le Camion de Marguerite Duras.
9 | entrer dans des maisons inconnues
Faites un cambriolage par l’écriture d’un lieu où vous ne pouvez pas entrer.  Faites que votre écriture soit l’actrice de ce cambriolage.

Du Lieu

1 | lieu point-virgule lieu
Faites ressortir un lieu par petits îlots d’images ; isolez chaque image par des points virgules et n’utilisez pas d’autre signe de ponctuation.
2 | le mouvement, mais sans verbe
Comment un récit peut-il donner l’impression que l’on se déplace dans ce qu’il représente ? Dire la réalité depuis son point d’énonciation, économie de verbes,  et verbes conjugués absents de la principale et réservés aux propositions. Choisissez un trajet de votre enfance. Écrivez chaque étape, pas les transitions de l’une à l’autre, mais chaque étape conserve en son intérieur l’idée du déplacement.
3 | à chacun sa rue Vilin
Décrire deux fois minutieusement, sans émotion particulière, un lieu que l’on peut accéder physiquement, mais dont on a perdu les marques de mémoire. Un lieu en reconversion immobilière, par ex. Attention aux signes, aux perceptions,  à sa déambulation. Continuer le relevé, même si le réel se retire (volets fermés, etc), souligner la part autobiographique mais sans mélo. Faire deux fois, pour provoquer l’ampliation apportée par l’écriture.
4 | Bergounioux lieu public
Il y a des lieux publics qui sont des espaces de transition pour représenter quelque chose : les loges au théâtre, le ticket d’attente à la poste, etc. Non pas le théâtre ou la poste, mais le sas qui y conduit, dans lequel se déroule un cérémoniel d’entrée. Décrire ce lieu de transition quand vous y entrez, en vous mettant en retrait.
Dans les instructions de cet atelier, combines intéressantes pour que la position de l’auteur (jeon… rien…) découpe la silhouette du lieu.
5 | On ne pense pas assez aux escaliers
« On devrait apprendre à vivre davantage dans les escaliers. Mais comment ?« , demandait Perec. Lui répondre ! Rester dans l’escalier, ce qui l’entoure en hors-champ. Le texte s’arrête à la dernière marche (en montée ou en descente, au choix). Comme contrainte de style, chercher un continu de la phrase.
Belle découverte de cet atelier : les idées sur le texte continu de Jean-Paul Goux, malheureusement en copirit ; « une syntaxe qui s’entretient dans le déploiement permanent du continu« , selon François Bon.