Soulier de satin, répèt 5

Ce jour nous sommes passé d’un mode de répèt « jour » à un mode de répèt « nuit« , c’est à dire la configuration du spectacle final, qui se déroulera de 18h à 2h du matin. Cela a eu une conséquence directe sur moi : aucune photo ! Ce n’est pas vraiment à cause de la nuit, mais c’est que le rythme du spectacle commence à nous emporter, et que tout m’a un peu dépassé : je me suis reconcentré sur le déroulé. Même j’en ai paumé tous mes textes ! À 3 heures du matin, lorsque nous avons fini, je ne savais plus ni où étaient mon bouquin ni mes notes ni mes photocopies ; éparpillés, sans doute, dans l’étendue de la salle de l’amicale ou dans la cour ou du rectangle de pelouse en bordure de l’espace. Je suis parti.

J’observe que beaucoup de talents se font jour. Je ne parle pas des acteurs principaux manifestement tombés dans la potion magique du théâtre quand ils étaient petits comme Obélix que ça en est un scandale, mais de tous les acteurs / actrices style second rôle, genre 10 pages de monologue (la norme avec Claudel) ou 50 de dialogue à 20 personnes (le facile dans le Soulier). Je trouve qu’il y a beaucoup de petites perles qui apparaissent, tels ces courtisans littéraires, ces ombres fantomatiques lunaires simples ou doubles, ces conquistadors épuisés en crise de nerf, ou ces pêcheurs d’eau de mer sucrée.

Et quelques spectateurs viennent déjà nous voir : nos répétitions sont en permanence ouvertes au public, jusqu’à 2 heures du matin (attention ensuite il faut aider à ranger). C’est des habitants du quartier, des amis, des gens qui en ont entendu parler. Voir la mer onduler à travers les murs de la salle Tardy vaut un petit détour. Et puis on est très contents, ça nous donne un petit air important.

À demain.

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