Spectacles au détail

« Voyez-vous mon paysage ? et là…. Voyez-vous mon catalogue ? catalogue ? Et mes promotions, motions ?…« 

« Voyez mon paysage… mon catalogue… mes promotions »

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Au marché Carnot

Si un tram arrive et déverse devant moi un flot de personnes allant au marché ? Je dis à tous « bonjour« , « hé là« , « ha ho« , « ha ha« , pour que tout le monde me voit.

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Au marché Jacquard

 – C’est un paysage de Turquie !  (en vrai, c’est un paysage du Forez) (Turquie ça fait plus exotique). « C’est beau, hein ? Et je raconte des histoires, choisissez en une dans mon catalogue ! Par exemple… La marmite, pour 1 Euro ! Et ça ne dure qu’une minute, vous gagnerez du temps ! « 

Un euro la minute, dit un passant ? Bin dit donc y’en a qui sont pas à plaindre.

Quelques fois, quelqu’un approche.

C’est qua ?… Zêtes qui ?…

Je raconte des histoires, je suis un conteur des rues, choisissez un conte dans le catalogue, ou dans mes promotions, et je vous le présente, de vive voix, devant mon beau paysage de Turquie ! Choisissez… La marmitte ! Ou… Comment compter les ânes !… Ou… Les deux mendiants !

Comprend pas le franqui mi.

C’est des mots simples !

Y joli le pésage… merqui, ovoi.

Des fois, ça marche.

Je choisis La vente de l’âne.

… Si ce client est satisfait, ça me fera 0,75 € dans la poche !… le tarif pour ce conte…chaque conte a un tarif différent.  S’il est satisfait, car, à la boutique de spectacles, c’est satisfait ou remboursé, comme dans toute boutique qui se respecte.

Tous les clients ont été satisfait, jusqu’à présent, puisque tous ont payé. Ouf.

Il est étonnant de voir, à partir du moment où quelqu’un a choisi d’acheter quelque chose, comme il se croit seul au monde pour en profiter. Pas besoin de faire beaucoup de micmac théâtral : il s’isole tout seul du bruit, de la pollution, des impondérables… et écoute l’histoire.

Et même il n’est pas si rare de voir apparaître des gens qui se feraient damner pour entendre une belle histoire bien foutue. Je dois faire attention, car cela pourrait être moi qui serait damné si je n’y arrive pas.

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Sur la place Jean Jaurès, en compagnie de « Bike for peace ».

Pour l’instant, ma boutique ne propose que des contes et poésies, mais j’imagine que ça pourrait marcher avec des chansons, de la danse ou je ne sais quoi d’autre. Mais c’est difficile, car je ne gagne pas beaucoup : 5 à 10 €, C’est peu pour faire vivre un musicien.

 

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Au marché Albert Thomas

Une jour, une belle jeune femme, style beauté Vierge Marie, vint me voir, au marché Carnot.

Dites moi un conte, mais… attendez : mon mari n’est pas là ; je veux qu’il entende, lui aussi.

On attend. Le mari finit par arriver. Il regarde, il questionne, mais nous dit qu’il doit repartir, faire un autre achat, qu’il s’excuse et promet de revenir rapidement. Lassée, au bout d’un moment, la belle jeune femme me dit de commencer, sans plus attendre son retour. Il revient pendant l’exposé d’un second conte.

À la fin, il me paye largement et… m’offre une bouteille de jus de fruit, qu’il venait d’acheter pour moi.

Pour me faire pardonner du retard.

C’était un jus de fruit d’un paysan du Forez… comme, en vrai, le paysage qui est derrière moi.

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