Villes#1 Saint-Étienne La Cotonne-Montferré semaine#3

LA CANICULE. L’équipe se met en option « On baisse la tête et on avance quand même« .

Ma salle de répétition à la Cotonne-Montferré, par 60° à l’ombre.

On continue notre compte-rendu de travail jour après jour.

On se concentre de plus en plus sur la retranscription de notre relation au quartier, par nos balades, par nos entretiens, et par les temps collectifs, tels le chœur parlé et la controverse.

Au travail sur le texte.

Pour ma part je suis assez calé : j’ai une balade et un entretien ; j’ai fait mon boulot. (du moins, si je ne me plante pas pour le spectacle). Malheureusement je présenterai ma balade seul, au lieu de faire un duo de balades comme on l’avait pensé, car ça se tend au niveau des dispos, et c’est plus facile seul.

Au travail sur le texte.

Au travail sur le texte.

Le ramadan nous a offert une super soirée. Je ne suis vraiment pas en sympathie pour cette pratique (que chacun se rassure : la période de Noël m’est encore pire), mais force est de constater que, de voir les femmes du quartier arriver au soir avec plein de plats plus appétissants les uns que les autres, tout le monde faire connaissance et parler de la pluie, du beau temps et des mômes, ce n’est pas si mal. J’en ai oublié de causer théâtre ou islam. La prochaine fois, j’y penserai, c’est promis.

L’installation du chœur de paroles

Pour la première fois de la session nous avons réussi une controverse avec une participation des enfants. C’est à dire, avec des adultes + nous + des enfants. Réussir une controverse avec uniquement des enfants, ce n’est pas très compliqué ; réussir une controverse avec nous seulement, c’est aussi trop facile ; avec des adultes, là, ça se complique sérieusement ; mais avec nous, + des adultes, + des enfants, c’est très difficile et nous y sommes arrivés au moins une fois ! Et c’était sur un sujet très sérieux, puisqu’il s’agissait de supprimer toutes les voitures dans le quartier, fictif, de La Créponne-Montboisé.

L’installation d’une controverse.

L’accueil des enfants… cela reste une difficulté, que l’on ne sait pas vraiment traiter, il me semble. Toutes nos activités sont prévues pour des adultes. Mais les enfants du quartier viennent nous voir tout le temps, et nous les accueillons, nous n’en discutons même pas : notre problème, c’est comment, pourquoi ? Leurs parents sont là… quelques fois. On veut rester un groupe de théâtre, nous ne voulons pas devenir une garderie qui anime les mômes qui s’ennuient. On s’en tient là, plus ou moins. Et, bon an mal an, ça marche : les enfants nous aident à exister dans le quartier, participent un minimum à nos activités… on se respecte.

On reçoit régulièrement des gens qui viennent essayer nos protocoles de théâtre, et même assidûment pour certains d’entre eux. Il y a des habitués de la controverse et du chœur. Ils se mettent plus rarement à la balade ou à l’entretien. L’entretien, de mon opinion, est l’exercice le plus difficile : trouver un habitant qui soit d’accord, discuter avec lui, retranscrire, en faire un condensé qui respecte l’original et s’insère dans quelque chose qui fasse portrait, l’apprendre par cœur, le dire en public… aucune de ces étapes n’est facile.

Et d’autres se greffent à notre démarche. Julien, par exemple, fait déjà des balades contées, considérant la ville de Saint-Étienne comme si elle était le lieu de la mythologie grecque. J’aime. Il en fera quelques unes pour se synchroniser à notre spectacle, et ainsi grâce à lui le public pourra bénéficier d’un doublé « Mythologie grecque / La Cotonne-Montferré ». Pas mal.

 

Et pour moi, une grande nouveauté. On cherche depuis belle lurette à faire un théâtre de l’immédiat (appellation non garantie), une sorte de transmission directe, quelque chose qui tienne du théâtre, de la performance, de l’improvisation. Et depuis longtemps on tournicote autour du protocole de la balade, qui consiste à faire la balade, puis en faire une histoire par écrit, puis la répéter, puis la présenter lors du spectacle. Pourquoi, se disait-on, ne pas faire la balade et tout de suite le spectacle, dès l’arrivée du comédien de sa balade devant le public ?… (il faut tout de même coordonner arrivée de la balade et présence du public).

Et bien ! Greg, comédien émérite, s’est lancé, s’est dévoué, s’est jeté à l’eau, s’est coltiné l’exercice une fois, et à sa suite votre serviteur s’est lancé… la fois d’après. (sans doute un effet général de la canicule sur les esprits). C’est très agréable de marcher dans la ville en imaginant la scène que l’on va pouvoir faire en arrivant, reprendre les éléments de la ville que l’on voit autour de soi pour les porter directement devant un public, essayer de faire quelque chose qui tienne la route dans l’instant.

Greg s’impose dans le protocole « balade improvisation performance spectacle direct »

On a rajouté ce nouveau protocole « balade bis » à la fin de la controverse. C’était une controverse sur l’homosexualité dans le quartier fictif de La Créponne-Montboisé, à ce que j’ai compris… Je ne sais pas ce qui s’est dit, mais en tous cas, lorsque j’ai reçu le SMS « top », je suis entré, il y avait plein de monde…. Formidable.

À la semaine prochaine, ce sera la dernière.

 

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