23h bien frappées

Correspondances, Baudelaire

La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Charles Baudelaire

Les sens ? Les sens ? C’est quoi ?

Ce que c’est que les sens ? que je réponds, surpris, à mon public. Les sens ? c’est les sensations, les sentiments…

Mais de quoi ?

Les sens des parfums

Quels parfums ?

– Des parfums doux ou corrompus.

– Mais d’où ?

Avec les couleurs et les sons, dans l’unité ténébreuse profonde.

Mais d’où ?

– Dans la nature.

La nature de quoi ? De quel sens ?

L’homme qui est dans la nature à l’unité ténébreuse et profonde qui a du sens.

Ah oui… ah oui je comprends. Ah oui, très bien, très jolie poésie, bravo.

Merci messieurs dames.

C’est nous qui vous remercions, monsieur.

Bonne soirée.

Merci, pareillement.

… C’est moi ou c’est eux ? Plutôt eux, je préférerais, hum. À peine 23h, et le public a l’air déjà bien frappé, ce soir. À moins que ce soit moi ?

 

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