Déambulation orale pour la fiesta des rues à Beaubrun à Saint-Étienne

En complicité avec la fiesta des rues, une fête du quartier Beaubrun à Saint-Étienne, la bande à Carton Plein a ressorti l’agence OVNI, sur une seule journée et une demi-rue. Cette agence de voyage fantaisiste est surtout un prétexte pour proposer la découverte d’un quartier de façon ludique.

Comme ils m’aiment bien ils m’ont confié un rôle de lecteur public, tant pour clamer des textes d’un auteur du quartier (François Maguin), que pour des annonces.

lecturefiesta

… Le dressing code de l’opération était une marinière avec écharpe orange et casquette genre marin-militaire.

J’ai recherché l’idée d’une déambulation clamante. Je veux dire que, au lieu de me mettre en un point fixe et de clamer quelque chose à partir de là, je marchais lentement, en zigzaguant comme si la lecture de mon texte pour le clamer me demandait tellement de concentration que je ne savais plus où j’allais.

Cette approche a donné de bons résultats : dans une rue moyennement fréquentée, un type qui déambule en lisant à haute voix un texte est immédiatement visible, et immédiatement considéré comme étrange. Je me suis ainsi promené en lisant mon texte à haute voix dans le quartier, dans les rues Beaubrun et Emile Loubet, entre la place Boivin et l’église Saint Ennemond.

J’essayais de régler le volume de voix de façon à être entendu dans la rue, mais en correspondance avec les bruits alentours.

Cela a vite déclenché une certaine sympathie chez les gens. Un des coiffeurs de la rue m’a invité à entrer dans sa boutique, et à clamer un texte pour ses clients. Un couple de personnes âgées m’a invité à rentrer chez eux, et m’ont fait visiter leur appartement. Un restaurateur rapide (un kebab, quoi) m’a offert à boire, si des fois j’avais soif.

Il faut dire aussi que les différentes animations de l’agence OVNI déclenchait une curiosité bon enfant, une émulation sympa qui m’aidait beaucoup, et encourageait les passants à être curieux.  L’une consistait à nettoyer les façades des boutiques abandonnées, et à faire des dessins sur la vitrine nouvellement propre ; une autre consistait à écouter des enregistrements sonores de la vie des commerçants et habitants dans un fauteuil sous un parasol ; une autre encore consistait à faire un portrait chinois du quartier… tous ces micro-groupes déambulaient avec moi, un peu au hasard eux aussi.

Dominique et Alisonne

Les hôtesses de l’Agence OVNI en intervention sur une boutique abandonnée : toilettage + décoration façade. Photo piquée sur le facebook de Tarentaise Beaubrun Couriot.

De me déplacer me permettait de repérer les endroits résonnants. J’y restais un peu plus longtemps, histoire de jouer des échos. Je me suis aperçu, par exemple, que la façade de la vénérable Grand’Église renvoyait bien le son dans toute l’enfilade de la rue. Du coup, armé d’un haut parleur, j’y braillais tout le programme de la Fiesta des rues.

Je me suis également lancé dans une sorte de mise en scène d’écriture… c’est une truc qui je tente de temps en temps, j’aime bien et ça marche bien (en général). J’en ai parlé déjà dans Des textes à promenades et Écrire pour faire l’intéressant. Ici j’ai juste écrit à la craie, en pleine rue, sur un paravent en carton, sur lequel j’avais passé un fond acrylique, un des textes de François Maguin. Et comme souvent avec ce genre d’exercice la plupart des passants s’arrêtaient pour regarder et lire.

Cliquez pour agrandir…

Et tout ça nous a fait une journée bien chargée. Heureusement elle s’est continuée par les concerts sympas de la fiesta des rues de soirée ! À l’année prochaine !

 

Pour le vendredi 18 septembre.

 

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *