Dit

De Le Fantastique Dictionnaire
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Quelques fois, un type ou une nenette vous parle sans vraiment de raison et vous raconte d'un coup une histoire, souvent quelque chose de vécu, sans forcément s'en rendre compte, comme s'il avait touché une impulsion intérieure. Vous avez l'impression qu'il vous donne une histoire. C'est fortuit.

Voici quelques unes de ces histoires, le plus brut possible, mais forcément avec diverses interprétations de ma part, avec la transcription de l'écrit, puisque à l'origine elle sont données oralement, entre deux portes.

Au jardin

J'ai contacté les personnes d'un jardin familial (les Jardins Volpette section Bâtie ici), à coté de chez moi, leur demandant si je pouvais venir régulièrement faire quelques photos et histoires. Ils m'ont dit OK.

Je n'ai pas besoin de trop chercher... ce sont eux qui me racontent les histoires et qui me disent de faire les photos. Ils me considèrent comme un journaliste sans journal.

- retranscription de mémoire -

La blette ne doit pas être trop grande. Là, elle est trois fois trop grande elle ne poussera pas. Les racines sont trop petites ça pourrit de l'intérieur. D'habitude je sème moi-même les blettes. Mais cette année j'ai pas pu, j'ai acheté des plants mais ça ne poussera pas. Le temps a été trop froid et trop irrégulier pour la blette. Trop froid jusqu'à la semaine dernière, et d'un coup il fait trop chaud.

Il poussera ce qu'il poussera. Le jardin ça ne rapporte rien. On ne compte pas dessus. Ils disent au jardin c'est meilleur mais avec tous les produits qu'ils mettent dessus c'est autant pollué qu'au supermarché. Ils disent c'est naturel mais avec tous les produits qu'ils mettent dessus ça revient au même. Le jardin ça vaut rien, on est tous pollués, il y a beaucoup moins d'oiseaux, il y a des oiseaux que les enfants ne verront jamais. Moi je mets pas de produits, je soigne mon jardin, le ciel fait le reste. Regardez mes poireaux, ces deux, là : ils montent en graine. Je les récupère, je les sème. C'est comme ça. Mais pour ce que ça rapporte... Il y en a autour ils mettent plein de produits dans leur jardin. Ça pollue tout.

Avant il y avait des jardins partout autour. Et puis un jour quelqu'un est arrivé et il a dit on vous supprime tout le jardin en bas on va faire des constructions. Alors on a plus de jardins en bas mais ils ont fait aucune construction. C'est devenu une friche. À quoi ça sert ? Ils auraient mieux fait de ne rien faire. Moi je prépare mon jardin, je sème, et ensuite c'est le ciel qui fait ce qu'il veut.

Un jour j'ai fait un petit moulin à vent sur un piquet avec des bouteilles en plastique, ça tourne. Du coup tous les autres jardiniers m'ont imité avec leurs piquets et leurs bouteilles en plastique croyant que ça servait à quelque chose que ça protégeait quelque chose mais non ça sert à rien.

Surtout maintenant, voyez-moi, voyez mon corps... aux champignons j'ai reçu une balle dans le bras, un chasseur. Il a confondu lapin, champignon, et moi. Mais je le sentais, mon copain m'avait dit de venir avec lui aux champignons, j'aurais pas dû, il y a des fois des choses qu'on sent. Je ne peux plus rien.

La mondialisation depuis Montreynaud

Dans le bus 8 direction Carnot un homme vient de monter. Il me tend la main franchement et me lance un bonjour direct et familier, comme si on était de vieux copains. Je lui rends son bonjour, un peu étonné.

- Belles maisons, beaux apparts, ici, me dit-il en s'assoyant à coté de moi, montrant le lignée des maisons de ville qui défilaient déjà sur notre gauche avec l'avancée du bus.
- Oui, oui, répondis-je, un peu circonspect, essayant de lui rendre aussi son sourire.

Au départ notre conversation était un peu épisodique : quelques mots échangés, puis un silence, puis à nouveau quelques mots, et ainsi de suite.

- Beaux duplex, me dit-il.
- Oui, oui.
- Beaux duplex.
- Oui, oui ; et ils ont de beaux garages.
- Beaux duplex, beaux garages.
- Oui.
- Et ils ont une belle vue, ceux qui sont de ce coté.
- Belle vue sur la ville ici, surtout quand on habite une tour, en haut.
- Ils l'ont détruite la tour.
- Même sans habiter une tour, du haut de Montreynaud il arrive qu'on voie la chaîne du Mont-Blanc.
- La tour ils l'ont détruite.
- Il m'est arrivé d'habiter dans une tour mais ce n'était pas ici.
- Où ?
- À Chartres.
- Ceux qui ont de belles vues sont ceux qui habitent la Côte d'Azur.
- La Côte d'Azur ?
- Et l'Italie, la Grèce.
- Je ne connais pas, ou très peu.
- Splendide, c'est splendide !
- Mais je ne sais pas comment je me comporterais si le temps est toujours beau.
- Même quand il pleut il fait bon dans ces pays.
- Je ne sais pas comment je serais sans hiver.
- À Montreynaud on vient de connaître les quatre saisons en un mois ! Il y a 15 jours on avait -5, aujourd'hui on a +15... Et à Biarritz il fait 20, à Toulon, il fait chaud aussi, comme c'est bon ! Et le printemps tous les jours avec les fleurs, et l'automne, encore, quand le brouillard rampe...
- Oui, je ne sais pas.
- À la frontière entre l'Algérie et le Mali, aujourd'hui même il fait 40 et ils sont heureux !
- Moi je ne pourrais pas.
- Et dans tous ces pays ils cultivent l'olive, ils font de l'huile d'olive, et des kiwis, et des oranges.
- C'est sûr c'est bien.
- Au Sahara même, dans les oasis, ils cultivent tout. Puis ça va en Europe, en Angleterre, en Scandinavie, tout partout.
- Et comment font-ils ?
- Ils travaillent.
- Non mais par 40 c'est pas possible.
- C'est un pays d'une beauté !... Et jusqu'à la frontière malienne, le gouvernement algérien a amené des routes et l'électricité ; ils produisent tout. Et le Maroc et la Tunisie, pareil. Ils exportent. C'est le Maroc qui produit le plus, ça marche très fort.
- Ça doit être bien.
- Les oranges de ces pays... Et je suis allé en Amérique centrale, il fait toujours beau, ils travaillent... Au Panama, au Mexique, et à Nassau aux Bahamas, tout est d'une beauté.
- Et on trouve des produits de ces pays ici ?
- Ils exportent partout. Au marché de Carnot, maintenant, on en trouve. Au marché de Carnot, les produits viennent du monde entier.

... Et, justement, la place Carnot, terminus, on y arrivait. On s'est salué aussi cordialement que l'on s'était dit bonjour, et, comme, justement, c'était dimanche, que c'était le jour du marché, de Carnot, il n'y avait plus qu'à se plonger dans le monde entier.

De la pizza à l'ananas

Une rencontre un soir de février dans le tram.jpg

Dans le tram, des jeunes mecs débarquent et occupent tout l'espace, comme seuls les mecs savent le faire.

Étant un mec moi aussi, je ne bouge pas d'un millimètre.

- Oah, monsieur lit un livre, monsieur est instruit.

C'est vrai, je lisais tranquillement un livre.

- Oah, monsieur va réussir, s'il est instruit il va réussir.

Je réponds :

- Il est possible d'échouer en étant instruit, peut-être que c'est moins dur d'échouer quand on est instruit ou quand on lit des livres, mais ça ne permet pas de réussir tout ce que l'on entreprend.
- Et alors que faites-vous ; quel est votre métier ?
- Je fais du théâtre
- Ah ouais t'es au Zénith ?
- Non, dans des amicales, des cafés...
- Ooooh moOonsieur, monsieur a du talent !...
- Mais...
- Ah oui, monsieur a du talent, on ne le dirait pas comme ça !
- C'est...
- Ah oui je vous respecte monsieur, vous vivez de votre talent, bravo.
- Il n'y a besoin d'aucun talent pour faire du théâtre, tout le monde peut faire du théâtre, vous même pouvez en faire.
- Ah nan moi du théâtre jamais !
- Mais si vous pouvez en faire.
- Mais non.
- Mais si quoi, tout le monde joue la comédie, tout le monde se compose un rôle, vous même jouez la comédie dans votre vie.
- Mais non.
- Mais si tout le monde est comédien. Vous mentez couramment, comme tout le monde. Vous mentez ? Donc vous pouvez faire du théâtre.
- Mmmm....
- Vous mentez facilement, tous les jours, à tout le monde, tout le temps. Donc, vous jouez la comédie, donc vous pouvez faire du théâtre, sans avoir aucun talent comme moi.

Il regarde ses copains du coin de l'oeil, ses copains se marrent. Je reprends, fort de mon avantage :
- Et vous, que faites-vous comme métier ?
- Je suis livreur de pizza.

Soudain, une irrépressible envie de pizza m'envahit.
- Ah oui, très bien les pizzas, très important, je voudrais une pizza.
- Bin oui.
- Je voudrais... comment faites-vous les pizzas ?
- De tout.
- Heu... avec des olives. Très important les olives dans une pizza.
- J'aime pas les olives.
- Quoi ? Mais comment est-ce possible ? Mais au moins des oignons ?
- Non, que de la viande. La pizza, que de la viande.
- Mais comment peut-on ne pas aimer les olives ?... Impossible.
- Je mets de l'ananas dans les pizzas.
- De l'ananas ? non...
- De l'ananas et de la viande. Sucré / salé, ça, c'est du goût.
- Des olives ?
- Non, pas d'olives, de la viande.
- Mais, comment, comment vivez-vous, avez-vous goutté des olives ?
- Moi j'habite Saint-Étienne depuis 10 ans, voilà, je suis stéphanois.
- Moi aussi j'habite Saint-Étienne depuis 10 ans, mais je ne veux pas être stéphanois.

Ses copains se marrent.
- Pfeau, reprend-il en voulant provoquer ses potes, ils habitent des quartiers pourris, vous avez vu, ils sont noirs. Ils ont pas d'instructions. Et avant Saint-Étienne, où habitiez-vous ?
- En Savoie.
- Et avant ?
- Paris.
- Paris Paris ?
- Non, le 91.
- Le 9-1 ?
- Oui.
- Et avant ?
- Le 9-3.
- Et avant ?
- Le 9-2;
- Et avant ?
- Le 7-5, Paris !
- Ouwah ! Le mec il a habité Paris ! Et maintenant, où, à Saint-Étienne ?
- Montreynaud.
- Montreynaud, je vais même pas livrer de pizza à Montreynaud.
- Boaf.
- Et pourquoi vous n'êtes pas descendu à Carnot prendre le 8 ? Le 8 il va à Montreynaud.
- Je prends le 8 à la Terrasse, c'est plus pratique pour moi.

Ses copains filmaient la scène avec leurs portables, il les regardait du coin de l'oeil, moi aussi. C'est une habitude courante de nos jours : dès que vous voyez une scène, quelqu'un, quelque chose, qui sort un peu de l'habitude, vous prenez une mine innocente, l'air de rien, et vous filmez. Donc, lui et moi, nous étions filmés.

Il regarde, ça le fait sourire. Alors brusquement, il sort son portable, se retourne, et me prend en photo.
- Un petit selfie, dit-il, ça passe toujours.
- Et moi, que je réponds, moi aussi je peux vous prendre en photo ?
- Oui... oui, bien sûr.

Je sors mon appareil photo, il prend la pose, clic ! (voir photo).
- Wouha monsieur vous avez un vrai appareil photo !... vous êtes de la vieille ! Ça fait plaisir de discuter avec des gens comme vous... le gens, ils sont coincés, mais pourquoi, comment ? Au lieu de ça, voilà, on se rencontre, on cause, quel problème ?

Quel problème ?... je ne lui ai pas dit que, si je n'avais pas fait de théâtre, jamais, je pense, j'aurais été capable de discuter avec lui. Je serais resté enfermé dans mon livre.

Trop vieux pour qu'on la voit

Le lavoir est la petite batisse sur la gauche. Le reste, je sais pas. (enfin, c'est l'Aube à Bar-sur-Aube, quoi).

Un homme un peu agé se rapproche de moi ; nous sommes au bord de l'Aube, à Bar-sur-Aube ; c'est la première fois que je viens ici, et je suis intrigué par une échelle de hauteur d'eau, sur un ancien bâtiment. La conversation est venue d'elle-même.

- Avez-vous vu cette échelle de mesure des hauteurs d'eau ? Que fait-elle là ?
- Mmmmm... oui... mmmm... elle est trop vieille pour qu'on la voit. Quand j'étais jeune il y avait les petites vieilles qui faisaient leur lessive dans le lavoir... Ça c'est un lavoir. Quand j'étais jeune il y en avait encore qui venaient à 5 heures du matin faire la lessive. Et c'est un lavoir spécial parce que le plancher monte et descend, on règle sa hauteur avec des cordes et des poulies selon le niveau de l'eau. Alors nous on était gamins, alors on venait à 4 heures du matin et on déréglait tout.
- Hé ! Ho ! Les contrebandiers ! Que faites-vous là ?
- On regarde...
- Et ces canards, d'où viennent-ils ?

Du coup...

À l'amicale on y danse

À l'attente à l'arrêt de bus Gustave Delory, une petite vieille, de l'ordre de 80 ans :

Quelle chaleur ! Aujourd'hui ce qu'il fait chaud !... et vous, ça va ? Mais je pars toute l'après-midi. Je vais à l'amicale [incompréhensible], on fait la coinche. Hier j'étais à l'amicale Chapelon, c'était vraiment bien. On a dansé toute l'après-midi. C'est exceptionnel que l'amicale Chapelon soit ouverte le dimanche, c'était vraiment bien. Ici à Montreynaud il n'y a rien, on est au courant de rien, il n'y a pas de commerce. Mais, aussi, à l'amicale du Crêt-de-Roc on y danse, oui, on y danse tout le temps !

... et le bus arrive. À bientôt, madame.

Êtes-vous professeur ?

C'est le charme de Saint-Étienne... Cela arrive régulièrement : un type, sorti de nulle part, m'aborde dans la rue sans aucun préambule et me parle.

- Êtes-vous professeur ?... non ? vous êtes comédien ? Ah ? Il faut savoir que, au jour d'aujourd'hui, tout le monde est comédien. Moi aussi. Ma femme me le dit : "Tu es comédien". C'est vrai : je viens du pays de Pagnol. Alors le théâtre je connais. Ma femme me le dit. Les Bourvil, les Louis de Funès, les Raimu, n'avaient pas tellement de talent, ou un talent normal, mais ils s'y sont mis et ils ont réussi. Donc vous voyez. Pour tout le monde c'est pareil. Voilà, bon, voilà. Merci monsieur, au revoir.

Et il disparaît aussi vite qu'il est apparu.

Je n'avais même pas eu le temps de reprendre mes esprits qu'un autre homme apparaît et m'interpelle encore :

- Êtes-vous chauffeur de bus ?
- ?
- Je voulais prendre le bus 14 mais il y a marqué "TRAVAUX" !
- Ah ?
- Savez-vous si le bus 14 passe !
- Je l'espère : je vais le prendre.
- Mais savez-vous s'il passe ?
- C'est sans doute pour les travaux du nouveau tram ; ce n'est pas pour ici.
- J'ai attendu un peu mais j'ai vu passer un bus dans l'autre sens ?
- On arrive à l'arrêt. On va regarder les horaires sur le panneau.
- Mais les panneaux ont été vandalisés. On ne peut rien lire.
- Heu oui c'est gênant.
- J'ai dans mon sac un prospectus. Mais il est à l'envers.
- Oui sans doute.
- Ah ! Regardez ! Voilà justement le bus ! Quelle chance ! Sauvé !

Et il monte dans le bus sans plus me dire autre chose.

Pourquoi vous font-ils venir

Relevé à l'occasion de Villes#1 La Cotonne du Collectif X.

J'étais en conversation avec un homme à un abribus en train de lui expliquer les merveilles du projet Villes# en vue de lui demander un entretien (ça échouera complètement), lorsqu'une femme est arrivée pour attendre le bus. Par galanterie nous lui avons proposé notre place assise, mon interlocuteur étant plus vif que moi, elle a accepté et s'est assise à sa place, c'est à dire à coté de moi. Elle a alors commencé à parler.

(Retranscription de mémoire, juste après)

- Je viens du social ils ne pouvaient rien pour moi c'était pas la peine que je vienne je vais rentrer par le bus je peux pas payer mon ticket tant pis je suis venue à pied à quoi bon ? Ils vous disent qu'ils ne peuvent rien pour vous, pourquoi vous font-ils venir ? Ça sert à rien, je ne veux pas faire la manche, j'ai trop honte.
- (l'homme) Mais si c'est pour manger, c'est normal, quand ça se justifie, moi je donne 5 ou 10€ pour manger, il faut le faire. S'il y a des contrôleurs ils comprendront, c'est évident.
- J'ai demandé à ma mère 10€ pour faire quelques courses elle ne peut pas me les donner, à qui puis-je demander ? Je ne connais personne je ne peux pas me ettre dans un coin et faire la manche. Avant ce soir il faut que je trouve 10€ pour quelques courses sinon je ne peux pas, je ne paierai pas le bus pour aller chez moi, si le contrôleur passe tant pis, à quoi tout cela sert-il ? Je lui dirai que je n'ai rien, et ce n'est même pas moi qui ait voulu venir, à quoi bon ? Je suis allé au CCAS il peuvent rien je suis allé aux assistantes sociales... Ils me disent chercher un boulot mais c'est fait, j'attends les réponses ! Les restos du coeur ils vous disent de passer tous les 15 jours, mais ce soir qu'est-ce que je fais ?
- (moi) Et vous habitez dans le quartier ?
- Non j'habite vers Villeboeuf (crois-je me souvenir)
- (moi) Depuis longtemps ?
- Non, depuis trois mois, ma mère est à La Réunion, je viens de La Réunion.

Le bus arrive, elle monte dedans avec l'homme. Je reste.

- (moi) Bon courage.
- J'en ai besoin.

Le bijoutier de Chambéry qui n'est pas en Californie

Une bien étrange rencontre, à Grenoble, avec un homme qui m'a appelé dans la rue, alors que j'y marchais simplement, et dont je me suis retrouvé incapable de noter les propos tant il y avait de choses incohérentes qui partaient dans tous les sens.

J'en ai juste sorti un twit du jour, tout aussi obscur probablement :

<embed>https://twitter.com/herv42/status/868910590479282178</embed>

Même si c'est incompréhensible je suis bien content parce que il rassemble les fondamentaux de l'exercice : réceptivité à l'idée, à un événement qui apparait, en faire un texte lanceur, une photo qui saisit le lieu où l'on prend conscience de l'événement (ici, quelques minutes après), et voilà.

Mais était-ce un fou, un punk à chien, un évadé de l'asile !? Pas du tout ; c'était un homme bien mis, presque classe, beau costume, qui déambulait dans les rues à Grenoble, ruminant, appelant au secours mais si dépassé par les catastrophes qui lui arrivaient qu'il était comme assommé, qu'il ne demandait plus rien...

Je n'ai pas réussi à tout mettre de ses paroles dans le twit ; à mon grand désapointement, il manque :

  • La ville de Chambéry ne se trouve malheureusement pas en Californie.
  • Heureusement car il devait s'y rendre immédiatement, mais on lui avait piqué toutes ses clefs, tout son fric, toutes ses bagnoles
  • Il craignait que ça soit pareil pour sa bijouterie à Chambéry, qu'on lui pique tout, voilà pourquoi il devait s'y rendre sans délai. (quand même, un minimum de logique).
  • Sa fille venait de se marier grâce à un pasteur qui a dit une messe. (pour les ignares en religion, un pasteur ne dit jamais de messe).
  • Grenoble est une ville totalement déserte

Il est reparti aussi aussi vite qu'il m'avait abordé, me laissant dans la plus totale perplexité.

Voir aussi