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Approche

Cette page vient des idées de TOUT Bergounioux lieu public. Cependant, je change beaucoup de choses de cet exercice.

Déjà, par le terme 'Approche', que je préfère à 'sas', ou 'lieu intermédiaire'. Ensuite, je me contrefiche des lieux de l'enfance, bien sûr (mais je ne les fuis pas non plus).

Mais je conserve quand même l'idée de lieu intermédiaire, de lieu public, un peu de cérémoniel ou rituel (ou plutôt avant le rituel), et le reste.

La vidéo a été faite à partir de l'exercice dit du lancé de ballons.

Ce renversement fait à partir d'une vidéo que j'ai faite : Zone pavillonnaire et dunaire à Soulac. Elle décrit en 30 secondes à partir de 3:30. C'était approximativement ici.

Surface plane. Ondulée légèrement. Très légèrement rugueuse. De couleur crème. D'aspect plutôt doux.
Les ondulations irrégulières. Leur douceur présente des abrupts. Les dimensions sont petites.
La surface pailletée d'amas sombres avec de longues épines plus claires. Presque de la couleur. Impression générale de petits grains.
Dire : Une couverture qui maintient au chaud et prend tout le monde qui les maintient au chaud avec les épines de pin.
Se déplacer au dessus de cette surface. Spot.
On entend des chants d'oiseaux.
Le spot déroule vers le haut. Voir d'autres paillettes, ondulations.
L'ensemble est à l'ombre.
Déplacement un peu saccadé du spot. Impression d'avancer. Rapide sans précipitation.
Couleurs assez uniformes, vibrantes par le déplacement.
Couleurs marquées par les ombres et clairs des ondulations, les paillettes et les épines.
Le spot oblique. Quelques fois parmi les ondulations on devine des traces de pas.
Apparaît un rayon de lumière. Faible mais net. Rayon de soleil. Tout reste doux et discret.
Le spot avance.
Petit rameau de pin posé dans le rayon de soleil. Posé ou perdu on ne sait.
La lumière joue avec le déplacement du spot. Change d'intensité sans brutalité. Révèle un relief plus vivant de la surface. Donne un aspect plus duveteux que rugueux.
Des pattes d'animal.
La zone en lumière s'étend.
L'ombre regagne du terrain.
Certaines zones, les ondulations cessent. La surface plate, rugueuse.
La lumière n'a fait qu'une courte apparition.
Elle reste sur la droite.
Dire : Des fois le vent les emporte et la terre, le sable, les vibrations…
Sur la gauche apparaît une matière verte. Dans ce vert la lumière picore des étoiles.
Le vert, une matière complexe faite de ligne et gommettes, du sombre au clair, presque bleu au presque jaune.
Vert apparaît aussi sur la droite. Le crème reste en couloir au centre, picoré d'étoiles vertes. Vert peut brutalement envahir tout l'espace crème, et se retirer tout aussitôt.
Imbrication du vert et du crème. Le vert, sous forme d’îlots, et de paillettes. Le crème en saupoudrage.

La vidéo complète :

La vue du village de Job en montant vers le cimetière
La vue du village de Job à l'entrée du cimetière

Ç'est dans le village de Job (Puy-de-Dôme).

Une petite rue s'élève vers un cimetière. Monter, sortir des placettes et ruelles où circulent des routes automobiles sans trottoirs. Comme piéton me ranger sur le coté par prudence. Au pied de l'élévation derrière un mur de pierre un bel arbre découpe le ciel. Avec sa ramure on dirait qu'il dit quelque chose, j'y suis sensible sans comprendre. Il dit quelque chose d'un peu vieux, prêt sous le lierre à reverdir à un souffle, à quelque chose de gaie. Avec la montée je vois quelques toits et des environs de bonnes collines avec d'autres arbres en nombre. Autour du village beaucoup de propriétés, sans doute qualifiées de “biens” chez le notaire, et parmi elles un petit château. Mais l'arrivée au cimetière n'est pas assez haute pour montrer le réseau de voies pour s'y retrouver. Les chemins restent cachés. Il faudrait entrer dans le cimetière encore un peu plus haut parmi les morts dans le recueillement. En bas une voiture arrive au pied de la route, s'arrête et se gare et ses occupants descendent et montent et rentrent dans le cimetière. C'est un couple. Leur voiture ne pouvait-elle monter ? Est-ce seulement à pied que l'on passe des vivants aux morts et des morts aux vivants ? C'est un couple, des amants qui avancent, est-ce dans l'amour que l'on sait mieux où l'on passe ?

C'est ici. C'est un des marchés les plus connus de Saint-Étienne, un rassemblement, un culte dominical, de tous les bobos de la biosphère stéphanoise. J'y arrivais moi-même, croyant que c'était, justement, un jour de marché.

Il y a un marché ici ? Quel jour est-ce ? Sommes-nous aujourd'hui ? Il n'y a pas de marché. Je reconnais ce café en contrebas. Il y a du monde mais pas les mêmes. Qui sont ces gens ? Ils ont l'air normaux, indifférents, il s'agit d'autres. Pourquoi ces voitures, sur la place, comme si c'était un parking et non un marché ? Un panneau dit “marché telles heures tels jours”, ce n'est pas aujourd'hui ? Quel jour est-on ? “Interdit de se garer dans le périmètre rouge telles heures tels jours”. Où est ce périmètre ? Là. Quel est son dedans, son dehors : il y a des voitures des deux cotés de la ligne. Mais les voitures et les marchés ne font pas ce qu'elles veulent, non : il y a des règlements et des droits sur les marchés, où sont-ils ?

Saint-Étienne

Chambre de clinique

Le marché. Les placiers. Le sombre. Les travaux. Les horaires. Les contraintes. Des humains. Mal éclairés. Des groupes. Des voix. Des oignons. Non, pas ça. Fruits exotiques ? Bien rangés. Le commerçant du marché, cet artiste de 6 heures du matin. Avancer à mesure du temps. Un rendez-vous. Quitter le marché. Des immeubles en café froid. Bien attendre que la première porte soit fermée avant que la seconde s'ouvre. Plein de femmes, un docteur. Monsieur votre nom, monsieur votre nom, monsieur votre nom. Bonjour. Tout est ordonné. Je choisis cette veine, respirez. Murs jaunes, aquarelle fade. Attendre en premier que le docteur arrive. Me disant que normalement on n'entre pas avant.

La Terrasse ? Ça se trouve ici - du moins, c'est à cet endroit que j'y passe.


Le petit bâtiment circulaire pour la pause des chauffeurs.


La Terrasse, au centre une des deux petites bâtisses dures ; on aperçoit la seconde à droite.


La Terrasse, Saint-Étienne


Enfin un point de vue objectif : la carte de La Terrasse selon la Stas (Société de transports de l'agglomération stéphanoise).

Une portion de goudron d'allée piétonne à la Terrasse en train de sécher après la pluie.

Ce renversement fait à partir d'une vidéo que j'ai faite : Zone échangeur multimodal urbain à Saint-Étienne. Elle décrit en 30 secondes à partir de 0:35.

Goudron d'une allée piétonne bordée par un muret de cinq briques de hauteur. De l'autre coté du muret, de l'herbe. Le sol présente des zones mouillées, mais pas de flaques. Zones humides et sèches sont délimitées ; zones humides grises foncées piquetées de points blancs, zones sèches plus claires et plus ternes. Au bord du muret quelques pousses d'herbe. Quelques feuilles mortes collées à l'allée par le mouillé.
Le spot longe le muret, l'allée goudronnée gagne de la place, le muret allant de plus en plus à droite. Le spot oblique de temps en temps, se déplace lentement. Une feuille morte oscille avec le vent.
Un mouchoir en papier tombé sur le sol.
Une crevasse dans le goudron traverse le spot. Beaucoup de sec, de plus en plus. Le mouillé reste autour de la crevasse et entoure les feuilles mortes. On ne voit plus du tout le muret. Le spot tremble légèrement en progressant sur un sol où subsistent quelques îlots humides.
En fond quelques bruits de moteur, un sifflement ténu et continu.
Une voix dit : “On est parti pour essayer de se promener par beau temps. Et on trouve, et on va vers des champignons le long des paragraphes de la nature qui se promène avec nous. Les gens se promènent avec nous, tout le monde se promène. On est plusieurs.

Personne sur ce quai là. Du monde là-bas. Une grande traversée en poutres rondes, lancée, à l'horizontale, couvre des passages cloutés. Aucun signe, indication, aide. Des commerces au bord des trottoirs aux extrêmes de la surface. Seul est ouvert le tabac/presse, il y a la queue. Les distributeurs de ticket ne servent qu'à distribuer des tickets, des tickets, des tickets. Une rue traverse cette surface sur le coté, ses voitures apparaissent et disparaissent aussitôt, juste le temps de faire des politesses aux trams. Au centre deux constructions en pierre qui pourraient résister à une guerre nucléaire tant elles semblent fermées, mais personne dedans, pas de renseignements pour le voyageur. Un jeune homme essaie d'entrer dans un tram stationné. Il aperçoit sur les portes des ronds avec des petites lumières, peut-être le bouton pour ouvrir la porte ? Derrière lui, deux jeunes femmes.
- Non non, il ne faut pas entrer dans ce tram, ce n'est pas là, c'est là-bas.
- Où ?
- Là-bas, là-bas où il y a des gens.
- Ah d'accord, merci.

Ce texte sur le journal mural L'Amie de la ville.

Arrivée - Arrivée - Pause - Pause - Traversée - Attente - Moteur - Passage - Payer - Départ - Rouler - Ancien - Fermer - Attendre - Démarrer - Fermer - Sonner - Embrasser - Poser - Marcher - Hopital - Valider - Debout - Rire - Rail - Calculer - Marcher - Appel - Transport - Chercher - Terrasse - Terr - ASSE - Rouler - Vent - Portique - Glisser - Horaires - Externe - Plat - Tourner

Tout tourne autour de deux petites bâtisses dures. Mais personne ne tourne tout le monde traverse. Seules les mécaniques tournent, les humains traversent. Ils sortent d'une mécanique véhicule, souvent pour aller dans une autre, contournent un abri, descendent un quai, enjambent des rails, franchissent un bosquet, négligent un passage clouté, négligent une barrière. Ils portent un sac lourd ; se dépêchent ; évitent le vent ; trouve une connaissance, un ami.

Un terminus, un pôle d'échange, des bouts. Un aiguillage et un grand espace vide où les bus tournent. Rustique. Le moindre écart peut tout bloquer, et ça énerve les chauffeurs. Un livreur pour la supérette Casino se gare en double file ? Et ça bloque le bus 8, qui bloque le tram T2, qui bloque tous ses petits frères derrière lui, et tous les bus et toutes les voitures… et tout se débloque aussi vite si le livreur dégage de un mètre ou deux, mais quand même ça énerve tout le monde. On n'est jamais loin de la foire. Parce que le tram T2 passe sur le passage du bus 8. Que tous les bus 8 tournent dans le même sens même s'il vont à des destinations opposées. Que les voitures traversent les lignes. Les rails passent sur la place, ou sur l'herbe ou le trottoir. On utilise ou s'il le faut on casse le moindre espace dispo. Tout tourne ici. Le grand manège. L'un descend du tram, enjambe un quai, son objectif est imprévisible. L'un se met à courir, en vain. Partout des fonctionnalités, obstacles que le passager doit contourner : un distributeur de tickets, d'argent, un panneau pour les horaires, un abribus, un banc pour s'asseoir.

Et en plus ça tangue.

C'était dans ce sens. J'avais vu cet homme recroquevillé sur cette banquette. Et celui-là, chemise bleue, tête cheveux blancs ? Et surtout, cette femme, belle. Après, d'autres que j'ai déjà vus. Et je devrais arriver à ma place dans mon wagon, ce qui n'est pas. Il y a un escalier qui descend au rez-de-chaussée, mais j'étais à l'étage, c'est sûr. Je descends. Cette tête de personne assise sur une marche je ne l'avais jamais vue. Et ce compartiment au plafond rasant, jamais aussi, ni non plus cet alignement de personnes mornes. Et cette femme là je n'ai jamais vu des lèvres aussi rouges. Je recommence, si je reprends tout au départ, je devrais retrouver.

C'était dans un TGV Lyon-Paris.

L'approche, le passage, le lieu transitionnel, le sas. L'avenue du front de mer est celle où est garée la camionnette, la plage est derrière.

Au cours de cet exercice, rien ne s'est passé comme prévu. J'avais décidé d'aller sur place écrire, avec cet atelier des lieux intermédiaires, sur un des plus vieux souvenirs de mon enfance (tiens, donc j'utilise quand même l'enfance) : l'arrivée sur la plage de Soulac-sur-Mer, plus précisément la traversée à pied de l'avenue du front de mer.

Mais en arrivant il y avait des travaux et engins de chantier sur mon lieu transitionnel… pas très conforme à mon enfance. J'avais décidé de l'intégrer quand même à mon atelier, mais je me suis aperçu que ces ouvriers et ce chantier installaient ce que l'on appelait Les planches, à savoir une allée faites de planches pour descendre sur la plage, et que leur présence et leur activité était bien intéressante, j'ai décidé de me lancer et d'essayer de relancer l'écriture là dessus, sur le modèle du petit journaliste.

Pour explorer le lieu, merci google (mais sans les engins de chantier).

Aujourd'hui une camionette et des engins de chantier garés : c'est l'avant-saison, on aménage la plage. Dernier passage piétons et aussi dernier chant d'oiseau avant la plage. Regarder à droite, à gauche, avant de traverser le front de mer. Le sol ici pique et brûle les pieds nus si le soleil luit. Le regard découvrant plonge vers l'horizon, par delà tout, même des travaux de préparation à l'été. Se rapprochant avec les pieds, le regard aperçoit plus d'océan, de couleur bleu ou gris métal selon le reflet du ciel ou de la couverture nuageuse, le rivage avec ses vagues et ses marées - enfin toute la plage. Aujourd'hui, les engins de chantier la “modèlent”, la “dessinent” même, pour qu'elle apparaisse naturelle au touriste - mais il n'y a plus rien de naturel ici depuis longtemps. Les pieds commencent à sentir la surface crissante du sable.

Les travaux, c'est l'installation des ”planches”. Les planches, c'est ainsi qu'on nomme un passage fait de planches qui traverse la plage de haut en bas et permet aux touristes de descendre facilement vers le bord de mer - le touriste n'aimant le sable que pour s'y allonger, pas pour y marcher. La municipalité les installent au printemps, et les retire en automne : elles restent toute la saison. La saison, ici, c'est la saison touristique. ; il n'y a pas vraiment d'autre saison, ici.

Un gros engin avec des roues énormes et une pelle gigantesque aplanit d'abord la plage en lui donnant un aspect incurvé style ile du Pacifique. Puis les ouvriers disposent un fil guide tendu entre deux pieux en fer pour marquer l'emplacement de la future allée rectiligne de planches. Ils posent ces planches le long de ce fil. Ils commencent par le haut de la plage et redescendent vers la mer.

La voie de planches est constituée de modules carrés de 2m sur 2 environ, formées de planches, disposées les unes à la suite des autres. Une fois qu'ils ont posé un module à plat sur le sable, les ouvriers sautent dessus pour renforcer son assise sur le sol ; ainsi, l'allée est juste posée sur la plage.

Pendant le travail les hommes parlent entre eux ; un autre groupe vient les voir et ils discutent. Ça n'empêche pas le rythme d'être assez suivi.

Quelques fois, une planche est abîmée. Les ouvriers la réparent, mais ils n'ont pas d'outils prévus pour ça. Alors ils utilisent un râteau pour enfoncer un clou, ou une pelle pour extraire une planche. C'est le règne de la débrouille, mais ils ont l'air de connaître leur boulot : ils agissent calmement, posément, à propos.

Et puis mon appareil photo est tombé en panne de batterie. Je n'ai même pas pu photographier les planches elles-mêmes, alors que j'en avais parlé aux ouvriers. Rien ne s'est passé comme prévu.

Touristes à vélo passant pendant ce temps là

  • Sortie (… qui est un peu le contraire de “approche”, mais finalement ça ressemble)

Saint-Étienne

  • approche.txt
  • Dernière modification: 2019/07/27 20:47
  • par rean