Madame Serfouette mon héroïne

Madame Serfouette est le premier personnage que j’ai inventé.

Je n’ai pas beaucoup d’informations sur elle.

Je la « fabrique » au fur et à mesure que je cherche. Je n’oserai pas dire qu’elle est vivante, mais j’imagine, à travers elle, quelque chose qui vivrait. Elle vit aussi un peu, je suppose, à travers moi : l’image qui m’est tout de suite venue à l’esprit en ayant l’idée, c’est Gaston Lagaffe, donc, forcément, ça a à voir avec moi ; et une femme précise, une ville précise.

Elle doit avoir entre 20 à 50 ans, entre 30 et 40 étant le plus probable, 35 sans doute. J’ai l’impression qu’elle n’a pas d’enfants, aussi peut-être a-t-elle plutôt 25. Le fait qu’on l’appelle madame ne signifie nullement qu’elle est mariée, mais signifie que le voisinage considère qu’elle a une certaine maturité. Elle est plutôt jolie, du point de vue d’un mec sexiste (moi), mais pas trop. D’ailleurs, on sait que les hommes se retournent vers elle quand elle passe dans la rue.

Je n’ai pas inventé beaucoup d’histoires avec elle. Ce n’est pas très facile : il me faut un point de départ banal, je cherche dans la vie de tous les jours. Elle voudrait s’asseoir dans le tram, par exemple.

Elle peut avoir des superpouvoirs, mais alors ils sont exprimés comme s’ils allaient de soi. Par exemple elle peut s’acheter une Kalachnikov sur internet et se promener avec dans la rue.

Ce qu’il y a de sûr est que madame Serfouette est rigolote, tout le monde l’aime bien. Elle est entreprenante, volontaire, constructive, pratique, inventive.

Mon modèle au départ, c’est Gaston Lagaffe. Je remplace la rédaction du journal Spirou par la ville de Saint-Étienne. En gros, madame Serfouette est une personne serviable qui fout le bordel. Pourtant, elle ne fait pas vraiment de gaffes. Si elle pousse les choses un peu plus loin, c’est par bonne volonté. Elle a un part d’innocence, même si elle a déjà faillit maudire un vieux ; elle a du potentiel.

J’ai pensé à elle, au départ, pour le journal mural que je fais rue de la ville. J’avais l’impression qu’une petite héroïne intéresserait les passants. J’ai été encouragé par une publication de mes histoires dans un « vrai » journal, le défunt « Hors Ligne ». On trouve encore quelques traces de ce journal disparu sur le web avec son ancienne campagne de financement, ou auprès d’anciens élèves journalistes.

… À moins que ça ne soit moi qui vive à travers elle ?… C’est vrai que, comme elle est assez intelligente, ça me plaît plus de vivre à travers elle plutôt qu’à travers les inepties habituelles. Avec elle, il n’y a pas une vérité par personne. Avec elle, s’il y a des envies, des convictions, c’est dans un débat, dans une controverse, dans une réflexion. Ça concerne tout le monde. Même le Président de la République française, inquiet, un jour est venu voir ce que faisait madame Serfouette… (mais incognito). Le monde est beaucoup plus intéressant avec madame Serfouette, oui oui oui. Elle a même été capable de faire revivre un cheval de pierre, alors, peut-être arrivera-t-elle à me faire revivre, moi aussi, un jour ?

Et puis avec elle je peux me moquer doucement des autres, ça j’adore. Décrire en quelques lignes le bordel administratif, les lieus communs des soirées entre amis, c’est quand même le pied. Et c’est drôle à tous les coups. J’y mets quelques sympathie, sur ce coup là. De la sympathie, car, à la réflexion, il y a plein de gens comme madame Serfouette, capables de faire revivre des chevaux de pierre.

Vite vite allez la rencontrer.

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