Soulier de satin, répèts 8 et 9

Étranges journées que nous passons en ce moment, à la réalisation du Soulier de satin, de Claudel : beaucoup de travail et de pression, puisque l’heure du spectacle arrive, mais beaucoup de temps à attendre. Ainsi, hier, arrivé à 14h30, je n’ai présenté mon premier texte en répétition qu’à minuit passé !

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Répétition sur la sortie de la première scène de la première journée : la mer démontée se défait, le père jésuite se relève, l’annoncier s’efface.

Et si l’on ne sait pas très bien quoi faire, ce n’est pas quand même du temps de libre ! Il faut le travail personnel, il faut rester à l’écoute du temps du spectacle qui se construit dans le lieu présent, être disponible pour quantité de petites interventions dont il faut retenir l’entrée précise et la sortie naturelle. Je chante, je suis un marin, je meurs, je tape dans une casserole, je suis garde du Vice-Roi des Deux-Amériques, toutes idées qui sont abandonnées ou validées aussi vite qu’un grand trois mats se fait écrabouiller comme un tas d’allumettes au cours de je ne sais plus quelle scène… où je dois ramasser les morceaux, il faudrait que je la note celle-là.

La construction du spectacle devient presque un lieu de vie : on y dort, on y mange, on y discute ; avec ses propres masses et ses propres lois de Newton parce que pour juste changer de coté de pièce on peut très bien être contraint de prendre l’orbite en sortie, passer par le couloir, monter à l’étage, sortir dans la rue, prendre l’ascenseur et redescendre, passer dans la cuisine, encore un couloir, et finit le cercle et rentrer dans la même pièce qu’au départ mais de l’autre coté ! Et d’ailleurs la preuve il y a un bateau qui traverse le terrain de basket, aussi. Cela fait 3 fois qu’on le construit et qu’on le déconstruit ; la preuve qu’on bosse.

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À demain.

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